Freinage "historique" des dépenses de santé

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Freinage "historique" des dépenses de santé
Selon les chiffres de l'Assurance-maladie, les remboursements de soins dispensés en ville ont progressé de 0,5 % par rapport à la même période de 2011.@ MAX PPP
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2012 se démarque par une diminution des arrêts de travail et des dépenses en médicament.

Les Français vont-il bientôt cesser de faire chauffer la carte vitale ? Selon les chiffres de l'Assurance-maladie publiés mercredi par Les Echos, sur les onze premiers mois de 2012, les remboursements de soins dispensés en ville ont seulement progressé de 0,5 % par rapport à la même période de 2011. Un freinage "spectaculaire" et même "historique", selon le quotidien économique. Un an plus tôt, les remboursements progressaient en effet de 3% par rapport à 2010 et les experts parlaient déjà de sous-consommation.

Un (petit) bol d'air pour les finances publiques. Il s'agit là d'une bonne nouvelle pour les comptes de la Sécurité sociale, dont le déficit continent de se creuser, atteignant environ 13 milliards d'euros en 2012. "Les chiffres définitifs ne seront connus qu'au printemps, mais il est d'ores et déjà certain que la progression des dépenses de soins de ville sera inférieure de 350 millions d'euros à ce qui était prévu dans la loi de financement de la Sécurité sociale", avance ainsi le directeur de l'Assurance-maladie, Frédéric Van Roekeghem.

Un changement de consommation des médicaments.  L'Assurance maladie révèle que les Français dépensent moins en médicament, avec une baisse de 1,5% par rapport à l'an dernier. Première explication : le rebond de la consommation des génériques, 60% moins chers que les autres. Selon Les Echos, les pharmaciens ont vendu des génériques dans 85% des cas où c'était possible. Mais les prix n'expliquent pas tout : les volumes de soins n'ont augmenté que de 2,8%, soit un point de moins que la moyenne des cinq dernières années.

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© MAXPPP

Baisse record des arrêts de travail. Les indemnités journalières versées aux salariés en arrêt de travail sont en recul de 1,6%, "du jamais vu depuis 2006", analyse le quotidien économique. Une bonne nouvelle? En partie, oui. Car cela s'explique par un renforcement des contrôles et une lutte plus efficace contre les abus, de la part des patients comme des médecins qui prescrivent des arrêts injustifiés. Mais cela résulte aussi d'une réforme du mode de calcul moins avantageuse pour les malades, mise en œuvre en 2010, et surtout d'une hausse continue du chômage. Si les Français ont moins de travail, il est en effet logique que les arrêts diminuent.
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© MAXPPP

Pas uniquement des baisses. Si le total des remboursements continue toutefois d'augmenter, même légèrement, c'est que certaines dépenses persistent. Ainsi les honoraires payés aux médecins et aux dentistes restent stables. Ils auraient même augmenté si les radiologues n'avaient pas appliqué une baisse de tarif. Les transports de patients, la kinésithérapie et les soins prodigués par les infirmiers libéraux, ont, quant à eux, bondi de plus de 7 %.