Fraude à la carte : un trafic internationalisé

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Mieux protégées en  France, les données bancaires sont toujours la cible des escrocs, qui les piratent désormais depuis l'étranger.

Avis aux vacanciers et autres globe-trotteurs, à l'étranger, gardez un œil sur votre carte bleue. C'est le conseil que prodigue l'avocat Roland Perez aux auditeurs d'Europe 1. A juste titre, puisque l'Observatoire de la sécurité des cartes de paiement a constaté une hausse de 12% des fraudes à la carte sur les transactions faites à l'étranger sur l'année 2015. Au total, plus de 300 millions d'euros sont donc détournés des comptes des consommateurs français hors de l'Hexagone. Pourquoi une telle recrudescence de ces fraudes internationalisées ? Roland Perez a une explication convaincante : "En France, les systèmes de paiement sont de plus en plus sécurisés, notamment depuis que les banques ont instauré l'envoi d'un code de validation sur le téléphone portable du consommateur. C'est la meilleure arme."

Les pirates délocalisent le business. Sauf que face à ces nouvelles mesures de sécurité, les fraudeurs contournent la difficulté. Puisqu'il devient difficile de pirater les cartes en France, pourquoi ne pas le faire depuis l'étranger ? "Les fraudeurs tentent de pirater les données des consommateurs depuis des pays étrangers qui n'ont pas de coopération judiciaire avec la France. Ils s'attaquent aux cartes à piste particulièrement. Ca vient de pays comme le Maroc, le Moyen-Orient ou l'Amérique latine et une partie des Etats-Unis. Dès que ces coordonnées sont piratées elles sont envoyées par SMS à l'autre bout du monde et c'est comme ça qu'on est floués", détaille l'avocat.

Des règles de précaution simples. Mais pour protéger les consommateurs, la réplique des banques françaises se fait attendre. Depuis 2014, les grands groupes du secteur réfléchissent à créer un nouveau cryptogramme à trois chiffres qui changerait toutes les 20 minutes : "Ainsi, les pirates n'auraient pas le temps d'utiliser les données volées", précise Roland Perez. Une solution difficile à mettre en place, et surtout très coûteuse. Alors en attendant, les consommateurs doivent respecter des règles de prudence simples mais indispensables, qu'égrène Roland Perez : "Ne jamais laisser les coordonnées de nos cartes sur les ordinateurs car il existe des logiciels espions qui permettent de récupérer les données rentrées dans l'ordinateur. Pareil pour le fishing : il ne faut ne jamais répondre à ces mails qui contrefont les messages de votre banque. A l'étranger, il ne faut jamais perdre de vue sa carte. Quand un serveur part avec votre carte pour vous faire payer comme c'est l'usage aux Etats-Unis, il faut le suivre et voir ce qu'il en fait." Des conseils indispensables pour partir en vacances avec sa carte bleue sans craindre de finir dans le rouge.