France : le déficit commercial se creuse nettement en juillet

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France : le déficit commercial se creuse nettement en juillet
L'augmentation du déficit commercial de la France est notamment liée aux mouvements de grève en mai et juin.@ AFP
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Le déficit commercial français s'est établi à 4,5 milliards d'euros en juillet.

Le déficit commercial de la France s'est creusé de 1 milliard d'euros en juillet, pour atteindre 4,5 milliards d'euros, en raison d'"importants approvisionnements énergétiques", ont annoncé mercredi les Douanes.

Une forte progression des importations. "Freinées en mai et juin par des mouvements de grève, les entrées de pétrole brut dans les raffineries françaises voient leur montant s'amplifier de plus d'un milliard d'euros en juillet", expliquent les Douanes dans un communiqué. Selon cette source, les exportations sont restées "quasi stables", reculant de 0,2% (après -1,6% en juin), mais les importations ont progressé fortement, de 2,4% après 0,1% en juin. Au cours des douze derniers mois, le déficit cumulé atteint donc 47,5 milliards d'euros, contre 45,8 milliards à la même période l'an dernier.

Dans le secteur des hydrocarbures et de l'industrie des transports. Si les importations de pétrole brut ont nettement repris après les mouvements de grève contre la loi travail en mai et en juin, celles de pétrole raffiné se sont réduites, indiquent les Douanes. Par ailleurs, "le solde de l'industrie aéronautique évolue très négativement du fait d'une poussée des achats combinée à un tassement des livraisons", ajoutent-elles. Dans l'automobile, la diminution des exportations creuse aussi le déficit dans ce secteur.

C'est avec l'Amérique de le solde commercial se détériore le plus. Par zone géographique, c'est "vis-à-vis de l'Amérique que le solde commercial se détériore le plus fortement du fait d'une hausse des achats (aéronautique et pétrole raffiné) qui se combine à de moindres livraisons d'Airbus", selon le communiqué. Par ailleurs, le rebond des achats énergétiques réduit l'excédent vis-à-vis de l'Afrique et de l'Asie. Avec le Proche et Moyen-Orient, "les achats demeurent globalement fermes mais l'excédent progresse ce mois-ci grâce au rebond des ventes provoqué par la reprise des livraisons d'Airbus au Qatar".

Un objectif raté. Début août, après la publication du déficit commercial pour le premier semestre, en nette détérioration, le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Matthias Fekl, avait reconnu que le gouvernement risquait de rater son objectif en fin d'année, autrement dit de devoir le réviser à la baisse. Dans le budget 2016, l'exécutif espérait ramener ce déficit à 40,3 milliards d'euros cette année, soit son niveau d'avant-crise.

Du fait du creusement du déficit des échanges de biens, le solde des transactions courantes de la France vis-à-vis du reste du monde s'est aussi aggravé en juillet, s'établissant à -2,6 milliards d'euros contre -0,8 milliard en juin, selon un communiqué de la Banque de France. L'excédent dans les échanges de services, qui ne sont pas pris en compte par les Douanes dans la balance commerciale, recule à 100 millions d'euros contre 900 millions le mois précédent. "Le recul des services est notamment attribuable aux voyages", indique la Banque de France.

Au sein du compte financier. "Les investissements directs présentent un solde proche de l'équilibre (0,2 milliard) qui recouvre des flux entrants et sortants importants (notamment liés à l'achat de Fairmont Raffles Hotels International par Accor et de Italcementi Group, propriétaire des Ciments Français, par la filiale française du groupe allemand HeidelbergCement", indique par ailleurs le communiqué. 

La balance des transactions courantes est un bon indicateur de la situation d'une économie par rapport au reste du monde car elle va au-delà des seuls échanges de biens, déficitaires depuis de longues années en France. Elle prend en compte ceux, croissants, de services ainsi que les revenus des investissements et ceux du travail versés entre agents économiques en France et à l'étranger. C'est le solde des transactions courantes qui in fine détermine si un pays a acquis sur une période la capacité de prêter des capitaux au reste du monde ou a besoin d'en emprunter, sa tendance à s'enrichir ou s'appauvrir.