Florange ferme ses hauts-fourneaux

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Florange ferme ses hauts-fourneaux
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Cette fois, c’est officiel : ArcelorMittal entame leur extinction définitive mercredi.

L’INFO. Longtemps redoutée, à plusieurs reprises annoncée, la fermeture des hauts-fourneaux de Florange, en Moselle, est désormais officielle. La direction du groupe de sidérurgie ArcelorMittal a annoncé mardi l'extinction définitive des deux cathédrales d'acier.
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© REUTERS

• Une extinction définitive.  Les hauts-fourneaux de ce site d'ArcelorMittal, le P3 et le P6, ne produisent plus de fonte liquide depuis qu'elles ont été mises en veille en juin et octobre 2011. Mais leur "mise sous cocon", à partir de mercredi, constitue un point de non-retour : une fois éteint, l’intérieur des hauts-fourneaux se fissure et ne peut plus être utilisé, nécessitant de facto l’installation d’un nouvel appareil.

Exit la filière froide. Outre les hauts-fourneaux, c’est toute la "phase liquide" de Florange qui va être fermée et sécurisée d’ici la fin du mois de juin. Après, seule la filière à froid – la plus rentable - subsistera, conformément au virage stratégique décidé par la direction du sidérurgiste indien. Désormais, la production de l’acier revient aux sites côtiers européens, dont Dunkerque et Fos-sur-Mer, tandis que les sites continentaux se spécialisent sur un travail de transformation à haute valeur ajoutée. Problème : les investissements en recherche et développement de l’entreprise, nécessaires pour continuer d’innover, ne cessent de chuter.

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© MaxPPP

Et après ? En vertu de l’accord conclu fin novembre entre ArcelorMittal et le gouvernement, la fermeture des activités dites "à chaud" ne doit pas se traduire par un plan social pour les 629 salariés concernés. Il ne reste d’ailleurs aujourd’hui plus que 120 employés à "recaser". Le groupe de sidérurgie s’est par ailleurs engagé à investir au moins 180 millions d'euros sur cinq ans à Florange, sans en préciser les modalités.
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Le projet Ulcos, un mirage. Une bonne partie des espoirs des métallos de Florange reposaient sur la candidature d’ArcelorMittal au projet européen Ulcos. Mais la direction a finalement renoncé à ce projet, censé réduire les émissions de gaz carbonique lors de la fabrication d'acier. Cette expérimentation restait l'unique espoir de relancer un jour un haut-fourneau à Florange.

hollande florange

© MaxPPP

Une forte dimension politique. Après avoir vu défiler les présidents Sarkozy puis Hollande, les métallos de Moselle ne peuvent s’empêcher d’y voir un échec autant politique qu’industriel. "C'est peut-être une formalité, mais c'est aussi un symbole : celui des politiques qui n'ont pas fait leur travail, des faux espoirs qu'ils nous ont donnés et de notre déception", résume Frédéric Weber, de Force Ouvrière.

Les syndicalistes de FO ont prévu de dresser cette semaine une stèle en mémoire des "promesses non tenues" de François Hollande, semblable à celle installée après la fermeture de l'aciérie voisine de Gandrange en 2009, pour dénoncer l'action de son prédécesseur Nicolas Sarkozy.
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