Florange est "viable et rentable"

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Florange est "viable et rentable"
Un rapport sur le site de Florange d'ArcelorMittal conseille la mise en place d'"un plan d'investissement rapide" de 400 à 500 millions d'euros.@ MAXPPP
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Un rapport d’expertise assure que le site d’ArcelorMittal nécessite des investissements.

"Viable, fiable et rentable". Ces trois mots qualifient le site de Florange d’ArcelorMittal, selon un rapport d’expertise. Le document, mené sous la houlette de Pascal Faure, vice-président du Conseil général de l'économie, de l'industrie, de l'énergie et des technologies, a été remis vendredi au ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg.

Florange, "idéalement localisé"

Le ministère a indiqué qu’il "met en évidence les atouts du site intégré de Florange, idéalement localisé par rapport à ses grands clients, notamment automobiles, et qui se distingue par la technicité des aciers à haute valeur ajoutée produits par ses chaînes à froid, fruits des innovations du centre de recherche et développement voisin de Maizières-lès-Metz".

Le site mosellan, dont les deux hauts fourneaux sont à l'arrêt depuis des mois, nécessite toutefois "un plan d'investissement rapide" de 400 à 500 millions d'euros, selon le rapport. Objectif : "compenser les retards" des dernières années.

Il faut "un véritable dialogue"

Le rapport préconise aussi l'instauration "sans délai" d'un "véritable dialogue stratégique" entre l'Etat et le groupe ArcelorMittal. Mais en cas de "divergence irréductible", "il conviendrait d'examiner les perspectives d'évolution de l'actionnariat et le périmètre correspondant", note-t-il.

Les syndicats, qui ont rencontré le ministre, se sont dits "satisfaits" du rapport. Maintenant, "il faut que les choses aillent très vite", a réagi François Pagano de la CFE-CGC. "Humainement, pour les salariés car ils sont usés, et industriellement car les outils sont à l'arrêt depuis des mois et puis, sortir 5-6 millions pour une filière à l'arrêt, ça ne peut plus durer", a-t-il expliqué.

"Soit Mittal investit, soit on change d'actionnaire"

Pour Philippe Martinez, secrétaire général de la fédération de la métallurgie CGTU, cette annonce est une bonne nouvelle mais pas vraiment une surprise. "C'est le troisième rapport qui confirme [la situation]. Mais ce qui manque ce sont les investissements, que Monsieur Mittal a toujours refusé de mettre dans l'outil industriel. Donc soit il accepte ce qu'on lui dit de faire, soit on change d'actionnaire, avec un Etat qui joue un rôle plus important", menace-t-il sur Europe 1.

Arnaud Montebourg a assuré aux syndicats que le président Hollande s'occuperait personnellement du dossier et rencontrerait en août le patron d’ArcelorMittal. Une information toutefois démentie par l'Elysée.

Pour la direction, la situation est "préoccupante"

De son côté, la direction d'ArcelorMittal a indiqué avoir reçu vendredi le rapport et qu’il allait "analyser cette étude". Le document "reconnaît que la situation européenne de l'acier est préoccupante avec une demande structurellement en baisse", a assuré le groupe sidérurgique.

La mission, décidée début juin, a examiné "les évolutions du marché de l'acier en France et en Europe, puis a dégagé les pistes permettant d'assurer un avenir industriel et économique pérenne au site sidérurgique de Florange", a affirmé le ministère dans un communiqué.

La filière liquide de Florange, avec 2.500 salariés permanents, tourne au ralenti depuis des mois et son avenir est très incertain. ArcelorMittal ayant décidé de prolonger l'arrêt des deux hauts fourneaux jusqu'à la fin de l'année en raison de la faible demande d'acier.