Fiscalité : l'État ouvre la porte à un "accord transactionnel" avec Google

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Fiscalité : l'État ouvre la porte à un "accord transactionnel" avec Google
Gérald Darmanin veut négocier avec Google.@ THOMAS SAMSON / AFP
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Gérald Darmanin estime que les profits générés par google en France ne correspondent pas aux sommes déclarées par le géant américain.

L'État a ouvert la voie à une transaction avec Google, après l'annulation par le tribunal administratif de Paris du redressement fiscal de 1,15 milliard d'euros infligé au géant américain, a indiqué lundi le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin. "Nous ne sommes pas hostiles au principe d'un accord transactionnel, qui est une possibilité offerte par notre droit fiscal", a expliqué le ministre dans un entretien au journal Les Échos mis en ligne lundi soir. "Il vaut mieux un bon accord qu'un mauvais procès", a-t-il ajouté.

"Les profits dépassent les sommes déclarées". Le ministre a toutefois réitéré l'intention de l'État de faire appel de la décision du tribunal administratif de Paris, comme annoncé au lendemain du jugement, "parce que c'est important pour nos finances publiques, mais c'est aussi une question de principe". La procédure contre le géant américain avait été lancée par le précédent gouvernement. "Nous pensons que les profits réellement générés dans notre pays dépassent les sommes modestes aujourd'hui déclarées", a dit Gérald Darmanin.

Renforcer le lien avec les entreprises. "Notre objectif est d'encaisser les recettes correspondant à l'activité réelle de Google en France", a-t-il expliqué, soulignant que le gouvernement souhaite "renforcer le lien de confiance" entre les entreprises et l'État. Sommé par le fisc de payer 1,6 milliard d'euros - un montant réduit par la suite -, Google avait contre-attaqué en justice. Le groupe californien affirme qu'il n'a pas à déclarer ses bénéfices en France puisqu'il vend de la publicité sur le marché français via sa filiale irlandaise Google Ireland Limited (GIL). Le tribunal administratif de Paris lui a donné raison, annulant le redressement fiscal de 1,115 milliard d'euros. Il a notamment estimé que Google France n'avait pas les moyens de mettre en ligne les publicités vendues aux annonceurs français, et ne faisait qu'assister GIL.