Finalement, l'Etat se serrera moins la ceinture en 2015

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Finalement, l'Etat se serrera moins la ceinture en 2015
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MISE AU POINT - La France est censée économiser 21 milliards mais Michel Sapin estime que ce sera impossible à cause de l'inflation trop faible.

La déclaration. Alors que la France est à la manœuvre pour convaincre Bruxelles et ses partenaires européens de lui accorder un nouveau délai pour réduire ses déficits, le gouvernement a décidé de ne plus attendre : le ministre des Finances Michel Sapin a estimé mardi que l'objectif de réaliser 21 milliards d'économies dans la dépense publique en 2015 risquait d'être revu à la baisse. La faute au trop faible niveau d'inflation : "on ne peut pas avoir les mêmes objectifs avec une inflation qui devient très faible", a reconnu le ministre.

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Quel rapport avec l'inflation ? Le gouvernement a fait ses prévisions budgétaires en fonction de l'inflation, or celle-ci est dangereusement atone. Mais quand l'inflation cale, les prix aussi et donc la TVA encaissée par l'Etat. Or ce dernier pariait sur une inflation de 1,5% alors qu'elle risque d'avoisiner les 0,5%. De plus, tous les gouvernements utilisent l'inflation pour faire des économies sans mener de grandes réformes. Ainsi, lorsque l'Etat gèle les prestations sociales, alors que tous les autres prix augmentent, non seulement il n'augmente pas ses dépenses mais il les réduit mécaniquement. Bref, l'inflation est utile à plus d'un titre.

Un nouvel signal envoyé à Bruxelles. Puisque la France va réaliser moins d'économies en 2015, elle n'a qu'une solution pour équilibrer ses comptes : réduire ses dépenses. Un option écartée par Michel Sapin : "rajouter des économies ne me paraîtrait pas adapté à la situation", un peu plus d'austérité risquant de malmener la déjà très faible croissance.

Dès lors, une seule solution : revoir la règle d'or européenne, qui incite les Etats à réduire leurs déficits pour le limiter à un niveau acceptable. La France a déjà commencé à envoyer ce message à l'Europe et Michel Sapin ne cache pas qu'elle va revenir à la charge. "Les chiffres de l'inflation en zone euro ont créé un choc. D'où l'émergence d'un nouveau discours des acteurs politiques et économiques. Maintenant, il faut que très rapidement ceci soit pris en compte et que des décisions soient prises", a-t-il estimé.

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