Fermetures programmées à la Société générale : "une mesure déplorable" pour l'Afub

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Fermetures programmées à la Société générale  : "une mesure déplorable" pour l'Afub
@ EUROPE 1
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INTERVIEW E1 - Serge Maître, président de l'Association française des usagers des banques (Afub), est revenu sur la probable fermeture de 20% des agences de la Société générale.

INTERVIEW

La Société générale s'apprête à réduire drastiquement la voilure : elle envisage de fermer 400 agences d'ici à 2020, soit quasiment 20% de son réseau, selon plusieurs sources syndicales. "C'est une mesure déplorable", a réagi Serge Maître, président de l'Association française des usagers des banques (Afub), mardi midi sur Europe 1. Et pour cause : si les banques vont réaliser de substantielles économies, il est peu probable qu'elles abaissent leurs tarifs.

"La modernité a bon dos". Bien que la direction n'ait pas confirmé le chiffre de 20%, la Société générale compte bien fermer un certain nombre d'agences, comme le reste du secteur bancaire. Le tout avec un argument simple : il y a de moins en moins de clients dans les agences, certaines d'entre elles deviennent donc inutiles, surtout lorsque les services en ligne se développent.

"C'est une mesure déplorable", estime Serge Maître. "C'est présenté comme cela par les banques, n'exagérons rien. Les banques disent que l'alibi, c'est qu'il y a moins de clients qui poussent la porte de la banque. C'est évident parce que les banques s'y sont employées : elles nous ont obligés à passer par le distributeur, par le guichet automatique. La modernité a bon dos, elle joue contre l'homme. Concrètement, on n'a plus maintenant de conseiller, on a une machine en face de nous", a-t-il poursuivi.

"Si elles nous annonçaient parallèlement qu'elles vont baisser leurs tarifs". "Que les banques ne nous disent pas non plus qu'elles perdent de l'argent dans cette opération puisque l'établissement qui a annoncé fermer pratiquement 20% de ses agences a augmenté ses profits de 13% au premier semestre 2015. Donc ce n'est pas une crise économique qu'ils vivent : eux se portent bien, ils veulent simplement rationaliser", a-t-il argumenté.

Et Serge Maître d'ajouter : "je serais tout à fait d'accord avec les banques si elles nous annonçaient parallèlement qu'elles vont baisser leurs tarifs". Or, regrette-t-il, "pour la première fois, la Société générale décide d'instaurer à partir du 1er janvier prochain des frais de tenue de compte de 2 euros par mois. 24 euros par an. Voilà une banque qui se porte très bien et qui va encore serrer le robinet sur ses employés. C'est le signe d'un appauvrissement des services. Nous attendions de la banque des prestations, il est évident que c'est de plus en plus limité".

"Il y a une mutation du monde de la banque, c'est évident. On a internet, les distributeurs. Le seul problème, c'est que tout cela fait faire des économies d'échelle et, là, on ne voit rien venir. Nous, les usagers, on est toujours à la peine", conclut Serge Maître.