Faut-il vraiment se méfier des banques en ligne ?
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DECRYPTAGE - Sous des noms différents, ce sont en fait les banques classiques qui se partagent le marché en ligne.

L’INFO. Fortuneo, BforBank, ING Direct, ces noms commencent à rentrer dans le quotidien des Français. Ils ne sont que deux millions à être clients d’une banque en ligne pour l’instant, mais les experts en attendent néanmoins cinq de plus rapidement. Pour autant, le développement du marché ne fait pas émerger d’acteurs indépendants des grands groupes bancaires.

Un marché en plein essor. Voilà une dizaine d’année que l’on entend parler des banques en ligne. Depuis le lancement en 2002 du pionnier du secteur, The Egg/Zebank, qui a finalement explosé en plein vol, les banques en ligne sans conseillers ont pullulé. On en compte désormais une petite vingtaine en France.

Outre l’offre, c’est aussi la demande qui a grossi dans cette période. Alors que les clients des banques en ligne représentaient environ 2% des clients de banques françaises en 2009, leur population a doublé depuis. Selon un rapport de l’administration de juin 2013, ils sont environ deux millions aujourd’hui.

Des banques classiques. Les experts attendent rapidement cinq millions de clients en plus. Une étude menée par le site comparatif panorabanques.com en juin 2013 montrait que 11% des cinquante millions de clients de banques d’agences se comportent comme des clients de banque en ligne.

Quoi qu’il arrive, les gros acteurs du marché ne devraient pas y perdre. Malgré des patronymes novateurs, ce sont bien les banques classiques qui détiennent les services de banque en ligne. Boursorama? La Société Générale. Fortuneo ? Le Crédit Mutuel. BforBank ? Le Crédit Agricole.


Une stratégie marketing... L’objectif des banques avec la création de ces nouvelles entités est notamment de toucher de nouveaux publics. “On voit ça assez souvent. Orange par exemple, lorsqu’ils ont voulu faire des offres pour les jeunes, ils l’ont fait sous la marque “M6 Mobile by Orange’”, détaille Guillaume Clavel, le fondateur de panorabanques.com, pour Europe1.fr.

Certaines institutions bancaires sont d’ailleurs des multirécidivistes. BNP Paribas dispose de pas moins de de quatre entités de banque en ligne (Hello Bank, Cortal Consors, Cetelem et la Net Agence) quand la Société Générale en a deux (Agence Directe et Boursorama). Tout ça pour mettre en place une série de publicité ciblées qui ne polluent pas le message de la maison mère.

… Qui comporte des risques. Le problème, c’est qu’en développant des marques différentes, les banques rendent les clients méfiants. Alors qu’une grande majorité de ces derniers sont satisfaits des services apportés par celle qui gère leur argent, ils n’ont aucun intérêt à le déplacer dans une institution qu’ils identifient mal. Une réalité d’autant plus marquée par une crise qui a rendu les Français encore plus rétifs à déplacer leur épargne.

Pourtant les avantages des banques en ligne sont réels. Comme elles ne disposent pas de conseillers ou même de locaux, leurs coûts sont très bas, parfois même nuls. Elles jouissent également d’une très bonne réputation. Le rapport de l’administration du mois de juin 2013 notait que si le nombre de plaintes concernant des banques en lignes était en forte augmentation, il était toujours très faible par rapport à la totalité des plaintes enregistrées.

Pas d’acteurs indépendants. Outre les banques classiques, d’autres entreprises se sont mises à développer des services en ligne. C’est le cas par exemple du distributeur Carrefour avec sa Carrefour Banque. Il n’empêche que aucun acteur indépendant n’a réussi à émerger.

The Egg/Zebank faisait parti de ces acteurs mais elle a rapidement disparu. Malgré les 150 millions d’euros qui avaient été investis dans le projet, la banque était arrivé trop tôt sur un marché par encore formé. Il faut aussi dire qu’il est très difficile de se battre contre les géants que représentent les grandes banques dont c’est souvent le métier depuis plus de 100 ans.