Exception culturelle : la France "réac" ?

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Exception culturelle : la France "réac" ?
José Manuel Barroso reproche à la France d'être trop "réactionnaire" "en voulant exclure à tout pris l'exception culturelle des négociations sur le traité de libre échange UE-Etats-Unis.@ REUTERS
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Le président de la Commission européenne a critiqué la position française. Hollande dit ne "pas croire" à de tels propos.

La France serait-elle "réactionnaire" ? C'est en tout cas l'avis de José Manuel Barroso. Le président de la Commission européenne n'a pas apprécié l'attitude de Paris dans le cadre des discussions sur le traité de libre-échange, bientôt négocié avec les Etats-Unis. François Hollande a en effet obtenu gain de cause vendredi soir devant ses collègues européens pour exclure des négociations le champ de l'audiovisuel.

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Hollande "ne veut pas [y] croire". Le chef de l'Etat français a réagi peu après, aux propos de Jo sé Manuel Barroso : "je ne veux pas croire que le président de la Commission européenne ait pu tenir des propos sur la France qui seraient ainsi formulés, pas même sur les artistes qui se seraient exprimés", a déclaré François Hollande.

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© Reuters

Un programme "anti-mondialisation". "Cela fait partie de ce programme anti-mondialisation que je considère comme totalement réactionnaire", a déclaré José Manuel Barroso lundi, dans une interview à l'International Herald Tribune. "Certains (de ceux qui défendent l'exception culturelle) disent être de gauche mais ils sont en fait extrêmement réactionnaires", a-t-il encore insisté. Selon lui, les défenseurs de l'exception culturelle "ne comprennent pas les bénéfices qu'apporte la globalisation de la culture, pour élargir nos perspectives et avoir le sentiment d'appartenir à la même humanité".

Les chefs d'Etat opposés à la France. La France s'est battue bec et ongles pour faire pencher la balance en sa faveur. En effet, alors que la majorité des ministres de la Culture européens demandaient que la culture soit exclue du traité, les chefs d'Etat étaient, eux, beaucoup plus réservés. Les Etats-Unis menaçaient en effet d'exclure d'autres secteurs des négociations si l'Europe rejetait la culture. "Si le mandat de la Commission est affaibli, il y aura un prix à payer", lançait ainsi la semaine dernière William Kennard, ambassadeur américain auprès de l'Union européenne.

13 heures de négociations. Résultat, les négociations entre partenaires européens se sont tendues en fin de semaine. Vendredi, il aura fallu pas moins de treize heures de discussions pour que les 27 ministres du Commerce trouvent un accord. Une "victoire", se félicite-t-on côté français, même si nombre de leaders européens craignent que certains marchés américains restent fermés.