Evasion fiscale : la Suisse s'interroge sur la liste de Paris

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Evasion fiscale : la Suisse s'interroge sur la liste de Paris
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A l'heure actuelle, aucun accord ne permet à la France d’obtenir le nom de ses contribuables détenant un compte en Suisse.

Les milieux bancaires suisses s'interrogent depuis lundi sur l'origine et l'authenticité de la liste de 3.000 contribuables français ayant potentiellement fraudé le fisc. L’existence de cette liste a été révélée dimanche par Eric Woerth.

"Nous avons des doutes sur l'existence de ces 3.000 noms", reconnaît Claude-Alain Margelish, vice-président du Comité exécutif de l'Association Suisse des Banquiers, résumant la confusion qui régnait dans la Confédération après l'annonce du gouvernement français.

Ecoutez-le au micro Europe 1 de Fabien Cazeaux :


Le ministère suisse de Finances indique, pour l’heure, ne pas avoir reçu de demande d'entraide administrative (la voie officielle pour obtenir des informations protégées par le secret bancaire) de la part de Paris.

Le ministre français du Budget a maintenu le flou sur l'origine des informations ayant conduit à l'établissement de la liste, indiquant seulement que "deux établissements bancaires nous ont fourni spontanément un certain nombre de noms de leurs clients qui ont ouvert des comptes (en Suisse) sans que l'administration fiscale en soit informée".

Mais "il n'est pas possible que la filiale d'une banque étrangère installée en Suisse communique (à sa maison mère à l'étranger) des informations bancaires", car elles sont protégées par le secret bancaire helvétique, rappelle Martin Maurer, directeur de l'Association des banques étrangères en Suisse.

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