Evadés en Suisse : ni "bluff" ni "amnistie" selon Woerth

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Evadés en Suisse : ni "bluff" ni "amnistie" selon Woerth
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Le ministre du Budget incite les 3.000 contribuables français "fraudeurs" à régulariser leur situation avant le 31 décembre.

Eric Woerth, a assuré lundi sur France 5 qu'il ne bluffait pas en annonçant détenir la liste de 3.000 contribuables français soupçonnés d'avoir des comptes non déclarés dans trois banques suisses. Le ministre du Budget a également démenti leur offrir une quelconque "amnistie" en échange du rapatriement de ces fonds.

Soulignant qu'il y a plus de 3.000 contribuables français "qui font de l'évasion fiscale", Eric Woerth a expliqué ne pas vouloir, dans l’immédiat, donner les noms figurant sur cette liste pour inciter l'ensemble des fraudeurs à régulariser leur situation dans l'une des cellules mises en place par Bercy.

"En avril, nous avons mis en place une cellule de régularisation qui fonctionne sur la base de déclarations spontanées des contribuables", rappelle le ministre. Bilan : 200 dossiers instruits dont 20 bouclés. Eric Woerth semble donc décider à passer à la vitesse supérieure : "les contribuables concernés [par la liste établie en Suisse notamment] ont vraiment intérêt à régulariser au plus vite (…) S'ils ne le font pas, nous utiliserons le contrôle fiscal", prévient le ministre. L’échéance est fixée au 31 décembre prochain.

L’enjeu financier est énorme : ces 3.000 contribuables français retrouvés en Suisse représentent à eux seuls 3 milliards d’euros. Et l’ensemble de l’évasion fiscale équivaudrait à 50 milliards d’euros. "En matière de lutte contre les paradis fiscaux, nous voulons avoir des résultats, et nous les aurons", martèle Eric Woerth.

Les banques vont être davantage mises à contribution. Eric Woerth a annoncé lundi qu'il allait demander à toutes les banques établies en France de donner au fisc les noms des résidents français qui détiennent des comptes à l'étranger.

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