Estrosi et Royal se disputent sur Heuliez

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Estrosi et Royal se disputent sur Heuliez
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Les salariés s’inquiètent et demandent aux politiques de s’entendre sur le dossier.

Les salariés de l’équipementier automobile n’ont aucune certitude sur leur avenir, mais ils savent qu’il dépend de deux élus politiques, Ségolène Royal et Christian Estrosi. Ils espèrent donc que la brouille entre les politiques n’hypothèquera pas une reprise de l’entreprise.

Les offres de reprise d’Heuliez n’ont toujours pas abouti. Après l’échec du projet de fond d’investissement BKC, l’offre de l’investisseur turque s’est révélée insuffisante, il ne propose de reprendre que 15% du capital de l'entreprise.

Royal et Estrosi se renvoient la balle

Dans la foulée, le ministre délégué à l'Industrie, Christian Estrosi, a attribué cet échec à Ségolène Royal, président de la région Poitou-Charentes, où est installée l’usine. Il l'a accusée de "tricher et de mentir" sur ce dossier et de "faire peur " aux investisseurs.

"Christian Estrosi, ça suffit maintenant!", a répondu la présidente de Poitou-Charentes, avant de lancer sur un ton accusateur : "Il y a eu des engagements qui ont été pris, qui ne sont pas tenus. Donc ça suffit maintenant, on ne va plus se laisser manipuler par un ministère de l'Industrie qui n'a aucune solution et qui fait semblant".

Les salariés ne peuvent plus attendre

La dimension politique qu’a prise le dossier Heuliez ne rassure pas ses salariés. Alors que l’usine a été placée en redressement judiciaire il y a près d'un an, ces derniers s’impatientent, à l’image de Bernard Giret, secrétaire général de l'union régionale CFDT Poitou-Charentes.

"Que l’ensemble des acteurs se mettent autour de la table", a-t-il demandé :

Pour sauver l'entreprise, Ségolène Royal a proposé la création d'une coopérative ouvrière : "Maintenant, on va compter sur nos propres forces", a-t-elle dit, évoquant le partenariat potentiel de PME et "peut-être une partie d'investissements des salariés et de la région sous forme de coopérative ouvrière".

Ségolène Royal est "est en grande difficulté, comme elle n'a cessé de tricher, de mentir sur ce dossier", lui a répliqué le ministre délégué à l’Industrie, avant d’ajouter : "Moi, je n'ai jamais rien promis, le problème c'est qu'elle a promis".

Les salariés d’Heuliez espèrent de leur côté que ces deux adversaires reprendront rapidement le dialogue pour sauver l’entreprise.

REAGISSEZ - Le dossier Heuliez est-il un échec pour les politiques ?