En Chine, ces contrats décrochés par le VRP Macron

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En Chine, ces contrats décrochés par le VRP Macron
Emmanuel Macron était en Chine du 8 au 10 janvier. Il en a profité pour négocier des contrats.@ CHARLES PLATIAU / POOL / AFP
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Aviation, nucléaire, viande bovine et routes de la soie : Emmanuel Macron a planché sur de nombreux dossiers économiques pendant sa visite en Chine en début de semaine.

Impossible de revenir de Chine sans de juteux contrats. En visite dans l'Empire du soleil levant, Emmanuel Macron a, bien sûr, joué le rôle de VRP qui échoit toujours au chef d'État en goguette dans un pays à l'insolente croissance. Dans le nucléaire, l'agroalimentaire ou encore l'aviation, le chef de l'État français a essayé de trouver des accords, nouer des liens et obtenir quelques promesses. Le tout, afin de rééquilibrer les relations commerciales entre Paris et Pékin, pour l'instant largement défavorable à la première : la France a enregistré un déficit commercial de plus de 30 milliards d'euros en 2016 avec la Chine.

Un contrat pour Areva. En premier lieu, Emmanuel Macron a obtenu la signature d'un "memorandum pour un accord commercial" sur la construction d'une usine de retraitement des déchets radioactifs. Un chantier titanesque, qui doit démarrer en 2020 et durer une décennie, et devrait rapporter dix milliards d'euros à Areva. Le groupe français doit encore s'accorder sur les modalités exactes avec son partenaire chinois CNNC, géant du nucléaire civil, avant une signature définitive au printemps.

Ce contrat est une excellente nouvelle, pour ne pas dire une planche de salut pour Areva, en proie à d'importantes difficultés économiques et budgétaires qui ont contraint le groupe, ces dernières années, à des milliers de suppressions de postes. Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, qui était aussi en Chine, s'est montré très optimiste. Selon lui, cette usine qui pourrait traiter jusqu'à 800 tonnes de combustibles usés par an "sauvera la filière" nucléaire.


La fin de l'embargo pour la viande bovine. Autres gagnants de la visite d'Emmanuel Macron en Chine : les éleveurs de bovins français. En effet, le chef de l'État a obtenu une "résolution totale dans les six mois" de l'embargo qui, actuellement, empêche la viande bovine tricolore d'atteindre le marché chinois. Depuis 2001 et la crise de la vache folle, en effet, Pékin a interdit les importations pour des raisons sanitaires. Une partie des blocages ont été levés en mars 2017, mais Paris espérait bien faire définitivement sauter les verrous. Ce devrait donc être chose faite.

L'enjeu est énorme pour l'industrie agroalimentaire hexagonale. "La consommation française de bœuf baisse de 5% par an, il faut trouver de nouveaux débouchés", a souligné Bruno Le Maire sur place. "Cela permettra de monter les prix et de mieux rémunérer les éleveurs." Les "nouveaux débouchés" chinois sont très importants : la hausse du niveau de vie s'accompagne traditionnellement d'une augmentation de la consommation de protéines animales. Et la Chine étant le pays le plus peuplé du monde, elle peut absorber 700.000 tonnes de bœuf importé par an, selon l'Élysée.

184 Airbus commandés. Les contrats dans l'aviation sont monnaie courante après une visite en Chine. Pourtant, ceux-là n'ont été annoncés qu'à la toute dernière minute. Treize compagnies chinoises vont acheter 184 Airbus A320, qui viennent s'ajouter aux 140 avions déjà commandés en juillet dernier. Des contrats à hauteur de 15 milliards d'euros, pour des appareils livrés entre 2019 et 2020. La moitié des appareils seront produits en Chine, l'autre moitié entre Toulouse et Hambourg.

Si la commande est importante, elle doit encore être conclue officiellement, avec la signature d'un contrat en bonne et due forme. Et, surtout, elle masque l'absence de vente de l'A380, qui reste une déception pour Paris. "Nous avons également des ambitions pour les A350 et les A380 dans les semaines ou les mois à venir", a tenté de nuancer Emmanuel Macron.

Nouvelles routes de la soie. Peu d'avancées, en revanche, sur le projet des Nouvelles routes de la soie, qui doit relier l'Asie et l'Europe. Le chantier, titanesque, reste encore flou, et doit permettre à la Chine de peser à la fois économiquement et politiquement. Difficile donc, pour Emmanuel Macron, de se positionner sur le sujet, sinon pour dire que "la France [doit être] au rendez-vous offert par la Chine" tout en prévenant que ces routes "ne peuvent être les routes d'une nouvelle hégémonie qui viendrait mettre en état de vassalité les pays qu'elles traversent".