En Allemagne, Bitcoin est maintenant une vraie monnaie

  • A
  • A
En Allemagne, Bitcoin est maintenant une vraie monnaie
L'Allemagne vient de décerner au Bitcoin la monnaie virtuelle créée en 2009 par un informaticien anonyme, la reconnaissance officielle, en tant que "monnaie privée".@ MaxPPP
Partagez sur :

La monnaie virtuelle a été officiellement reconnue par les autorités, qui vont pouvoir la taxer.

L'INFO. L'euro n'est plus la seule monnaie d'Allemagne. Berlin vient en effet de décerner au Bitcoin, la monnaie virtuelle créée en 2009 par un informaticien anonyme, la reconnaissance officielle, en tant que "monnaie privée" (indépendante de l'Etat, et pouvant donc être refusée par un vendeur s'il le souhaite), rapporte le Huffington Post mardi. Le but ? Lui donner une existence juridique pour pouvoir la taxer, et ainsi s'offrir une part d'un gâteau qui ne cesse de grossir. On vous explique.

Euro cassé bitcoin

© Reuters

Bitcoin, c'est quoi ? Il s'agit d'une monnaie virtuelle totalement indépendante des banques centrales, indexée sur aucune autre monnaie, et avec laquelle les transactions peuvent se faire en total anonymat, entre ordinateurs, Smartphones ou tablettes. Pour pouvoir échanger des bitcoins, les internautes doivent installer un logiciel. Pour en obtenir, ils peuvent se rendre sur certaines plateformes spécialisées, comme Mt. Gox par exemple, et convertir leurs euros ou dollars. Certains utilisateurs peuvent également bénéficier d'une génération spontanée du programme, qui crée des bitcoins et en distribuent au hasard aux internautes équipés pour de telles transactions.

Que peut-on acheter avec ? Tout peut s'acheter en bicoin, à condition que les vendeurs l'y autorisent. La plateforme de blogs Wordpress a, par exemple, accepté de vendre du contenu avec la monnaie virtuelle. Plusieurs sites de vente en ligne permettent d'acheter des objets physiques avec. Et Le Guardian raconte même qu'un pub londonien l'a intégré pour vendre ses bières. En tout, plus de 7.500 boutiques et restaurateurs dans le monde s'y seraient convertis, selon le site spécialisé Bitpay.com.

Une monnaie en plein essor. Bicoin a été conçue il y a quatre ans par Satoshi Nakamoto, pseudonyme d'un informaticien qui souhaitait créer une monnaie indépendante. Ce dernier a prédit à l'époque que 21 millions de bitcoins circuleraient en 2030. On en serait déjà à la moitié, selon Le Figaro.  Et sa valeur ne cesse d'augmenter : un bitcoin ne valait rien en 2009, 30 dollars en 2011 et plus de 100 aujourd'hui, avec un pic à 266 dollars au printemps 2013, lors de la crise Chypriote, où elle fit office de valeur refuge.

Bitcoin bandeau

© MaxPPP

Que change cette décision allemande ? Rien de révolutionnaire dans l'usage de cette monnaie. Les transactions pouvaient, en effet, déjà se faire. Comme dans la plupart des pays (y compris en France), les échanges dans cette monnaie échappaient à la règlementation et étaient donc tolérés (seule la Thaïlande a décidé de l'interdire). Et si l'Allemagne a accordé ce statut, c'est qu'elle souhaite pouvoir surveiller ces échanges et surtout les taxer. Le gouvernement souhaite en effet ponctionner les gains issus d’une vente de bitcoins, à hauteur de 25% (les possesseurs seraient toutefois exonérés s'ils attendent un an avant de vendre leurs bitcoins).
Bitcoin

© MaxPPP

Et les entreprises converties devraient bientôt intégrer un taux de TVA dans leur transaction, ce qui n'était pas le cas auparavant, indique le Frankfurter Allgemeine. Le hic, comme le souligne Numerama : les transactions peuvent être faite en total anonymat, et il est dur de savoir qui se cache sous un pseudonyme. En outre, il sera difficile de trouver le montant, en euro, que représente 25% d'une transaction en bitcoins.

D'autres pays ont-ils franchi le cap ? Le Canada, les Etats-Unis et l'Australie notamment, songent à accorder un statut légal à la monnaie virtuelle. Car, outre ce qu'elle peut rapporter dans les caisses des Etats, le bicoin inquiète sur bien des points. Et les autorités de ces pays ont d'ailleurs déjà lancé plusieurs enquêtes pour déterminer le rôle que la monnaie joue dans le blanchiment d'argent ainsi que sur les risques de piratage et de bulles spéculatives.