Emploi : le plan de Hollande "peut faire bouger les choses"

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Patrick Toulmet, président de la Chambre de métiers et de l'artisanat de la Seine-Saint-Denis, est revenu lundi midi sur l'état de l’apprentissage en France et le plan du président de la République sur l'emploi. 

INTERVIEW

François Hollande a présenté lundi son plan d'urgence pour l'emploi. Pour Patrick Toulmet, invité d'Europe Midi et président de la Chambre de métiers et de l'artisanat de la Seine-Saint-Denis, ce plan peut "faire bouger les choses". 

"On a délaissé l'apprentissage". Car le constat du spécialiste en formation sur l'apprentissage en France est grave. "Les outils sont là mais ce que je vois c'est que les politiques n'ont pas bougé. On a délaissé l'apprentissage", affirme Patrick Toulmet. "Moi j'ai un centre de formation d'une capacité de 3000 apprentis, j'ai 1.400 places de libres", souligne-t-il, indiquant avoir proposé de prendre en charge "500 chômeurs de chez PSA" : "personne n'est venu". Et cela n'a, selon lui, rien à voir, avec les formations que les gens recherchent, il explique avoir en effet créé des formations qui sortent du cadre de l'artisanat. "Ces gens là trouvent aujourd'hui du boulot. A la fin de leur cycle de formation, 80 à 85% des apprentis vont trouver un job", signale Patrick Toulmet.

Le plan de Hollande "va faire bouger tout le monde". Pour Patrick Toulmet,  il est donc temps de "bouger", surtout que "les politiques bougent et nous écoutent". Dans ce cadre, il "a l'impression" que le plan de Hollande "va faire bouger tout le monde". "C'est un peu malheureux, parce qu'il va falloir que nos chambres de métiers réfléchissent autrement. Il fallait par exemple faire une cartographie des formations", regrette-il. François Hollande n'est cependant pas celui envers qui le formateur nourrit le plus d'attentes : "j'en connais un qui va faire bouger les choses, c'est Macron. Ce n'est pas son job, il est ministre de l'Economie mais il défend bien l’apprentissage".

François Hollande a notamment annoncé lundi une augmentation des contrats de professionnalisation, qui devraient passer à 50.000 bénéficiaires, contre 8.000 actuellement. La formation de 500.000 chômeurs, qui n'est "pas une mesure conjoncturelle ou un artifice statistique", sera financée à hauteur d'un milliard d'euros par l'Etat. L'apprentissage, "filière de réussite", sera aussi développé en permettant l'entrée à tout moment de l'année. L'Etat s'engagera en créant d'ici à 2017 "1.000 postes" affectés aux formations en alternance.