Emploi : la tentation du Canada

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Emploi : la tentation du Canada
Les 7.000 demandes de Permis vacances travail ont été accordées en 48 heures@ MAXPPP
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LE CHIFFRE - Les demandes de visa de jeunes Français pour ce pays en particulier explosent.

L'info. C'est le nouvel Eldorado pour les jeunes qui veulent s'expatrier. Le Québec attire de plus en plus de Français, diplômés ou non, qui, lassés de voir les portes des entreprises se refermer devant eux, espèrent y trouver un emploi. Cette année, ils sont quelque 7.000 à traverser l'Atlantique dans l'espoir de décrocher un job grâce au "Permis Vacances Travail", un visa réservé aux Français et aux Belges qui permet de se rendre sur place directement pour démarcher les employeurs.

Un phénomène  en pleine accélération, comme le note Steven-Paul Pioro, de l'Office franco-québécois pour la jeunesse : "Il y a quelques années, le quota de PVT suffisait pour l'année entière. Il y a deux ans, il est parti en trois mois. L'an dernier c'était un mois et cette année, le quota est parti en 48 heures."

Le chiffre à retenir. Pour le seul mois de janvier 2013, le nombre de demandes de visa déjà enregistrées représente 37% des demandes formulées... sur la totalité de l'année 2012.

La crise pousse à l'émigration. Cette migration s'explique d'abord par la crise, très dure en France. Avec un taux de chômage de 25 %, les jeunes diplômés galèrent souvent pendant plusieurs mois avant de pouvoir espérer trouver un emploi en France. "Au Canada, ils font plus confiance au savoir-faire et moins au diplôme. En France, à partir du moment où on a deux diplômes, on est considéré comme instable", se désespère Mathieu, l'un de ces candidats à l'exil économique. "En France, même pour trouver un petit boulot de vendeur, c'est compliqué. Même pour trouver un job juste pour se nourrir, c'est plus simple là-bas", explique-t-il.

"En France, on a de la chance d'être en stage gratuitement". Virginie, qui, elle aussi, prépare ses valises pour le Québec, fait le même constat. "J'ai envoyé quatre candidatures à Montréal pour des stages rémunérés, et à chaque fois, j'ai eu une réponse en 24 heures. On m'a même dit : 'nous avons d'autres postes similaires, regardez-les, dites-nous ce qui vous convient le mieux'. En France, on nous fait comprendre qu'on a vraiment de la chance d'être pris en stage gratuitement", se désole-t-elle.

1,6 million de postes à pourvoir. Si le Canada, et tout particulièrement le Québec, est tellement demandeur des jeunes talents, c'est aussi à cause de sa démographie : en 30 ans, le taux de natalité de la Belle Province a baissé de 30 %, tandis que le taux de fécondité est aujourd'hui de moins de 1,7 enfant par femme. "Pour une population de huit millions d'habitants, ce ne sont pas moins de 1,6 million d'offres d'emplois qui seront proposées d'ici à 2016", explique encore Steven-Paul Pioro.