EDF : le gouvernement réaffirme sa "vigilance totale", après une réunion à l'Elysée

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EDF : le gouvernement réaffirme sa "vigilance totale", après une réunion à l'Elysée
EDF, détenu par l'Etat à près de 85%, va devoir s'engager dans un lourd programme d'investissements.@ JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP
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Lors d'une réunion interministérielle, présidée par François Hollande, le gouvernement a souligné l'attention constante de l'Etat sur la situation du groupe.

Le gouvernement fait preuve d'une "vigilance totale" sur l'ensemble des défis auxquels est confronté EDF, a assuré mercredi Stéphane Le Foll, après une réunion interministérielle à l'Elysée consacrée au géant français de l'électricité, objet d'inquiétudes grandissantes y compris en interne. "Une réunion s'est déroulée ce matin" sous l'égide du président François Hollande, pour évoquer "l'ensemble des questions qui ont trait à EDF", a déclaré le porte-parole du gouvernement, lors de son compte-rendu du conseil des ministres.

Vigilance sur l'ensemble des dossiers. Stéphane Le Foll n'a pas donné d'autres détails sur cette réunion à l'Elysée, mais a souligné l'attention constante de l'Etat, qui détient près de 85% du capital d'EDF, sur tous les grands dossiers du groupe. "On a une grande entreprise française de l'énergie, à l'échelle mondiale, (...) donc la vigilance de l'actionnaire qu'est l'Etat dans cette entreprise est totale, sur tous les plans : à la fois sur l'avenir, sur sa structuration, sur le dialogue social dans l'entreprise, sur les grands projets d'investissements, sur l'équilibre qu'on va trouver", a-t-il déclaré. "Il y a pas un sujet qui viendrait ajouter un point spécial sur la question d'EDF. C'est une grande entreprise, l'Etat en est l'actionnaire largement majoritaire, et c'est un des premiers énergéticiens" au monde, "donc il faut que la vigilance soit totale".

Le projet Hinkley Point en question. Lundi, le ministre de l'Economie Emmanuel Macron, qui devait participer à cette réunion à l'Elysée, avait indiqué qu'elle serait consacrée à deux points en particulier : la trajectoire financière accompagnant le projet industriel d'EDF, dans un contexte où le prix de l'électricité s'est effondré ; et le projet de construction de deux réacteurs nucléaires EPR à Hinkley Point en Angleterre.

EDF en quête de garanties. EDF, détenu par l'Etat à près de 85%, cherche à obtenir des garanties du gouvernement sur sa trajectoire financière et souhaite renforcer son bilan, alors qu'il va devoir s'engager dans un lourd programme d'investissements (maintenance du parc nucléaire français, EPR d'Hinkley Point, etc.), tandis que ses revenus sont parallèlement sous pression du fait de la baisse des prix de marché de l'électricité.

Vers un nouveau plan d'économies ? Parmi les solutions évoquées ces derniers mois, l'Etat pourrait percevoir durant plusieurs années sous forme d'actions le dividende que lui verse le groupe (une mesure qui évite à EDF de puiser dans ses liquidités), voire renflouer l'entreprise via une augmentation de capital. Parallèlement, EDF préparerait un plan de cession d'actifs et un durcissement de son plan d'économies.