Dette : un pacte entre Paris et Berlin ?

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Dette : un pacte entre Paris et Berlin ?
Angela Merkel et Nicolas Sarkozy devraient se mettre d'accord dans les dix jours pour rassurer les marchés lors du sommet européen des 8 et 9 décembre.
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DECRYPTAGE - Les deux pays travailleraient sur un accord présenté lors du sommet dans 10 jours.

L'euro passera-t-il Noël ? La question agite les milieux financiers. Mais le couple franco-allemand, toujours aux manettes de la zone euro et de l'Union européenne, ne veut pas en entendre parler. Les deux poids lourds de l'économie européenne prépareraient donc un nouveau pacte de stabilité resserré en vue du sommet européen des 8 et 9 décembre. Europe1.fr vous explique ce qui est en train de se négocier.

Pourquoi préparer un nouveau pacte de stabilité ? Pour rassurer les marchés financiers. La période est propice à l'inquiétude et le temps presse. Rédiger un pacte de stabilité exclusif permettrait à Paris et Berlin de réaffirmer leur entente, et, surtout, de contourner le trop long processus de changement des traités. Selon différent médias, ce pacte pourrait être lancé début 2012, ce qui rassurerait les marchés.

Quelle serait l'idée directrice de ce pacte ? Les quelques pays de la zone euro signataires de ce pacte s'engageraient à respecter à la virgule près leurs obligations budgétaires, au risque d'exposer à des sanctions. La France et l'Allemagne réfléchissent en ce sens à une automatisation des sanctions en cas de non-respect de ces obligations. Des pistes confirmées par Valérie Pécresse dimanche matin. La ministre du Budget a fait mention d'une "Europe beaucoup plus solide, avec des mécanismes de régulation vertueux qui évitent qu'il y ait des tricheurs qui s'exemptent des règles qu'on fixe", au risque de s'exposer "à de vraies sanctions qui ramènent vraiment la confiance".

Que contient-il d'autre ? Paris et Berlin sont toujours en désaccord sur plusieurs points. Angela Merkel souhaiterait voir la Commission européenne dotée de pouvoirs de surveillance et de sanctions accrus. L'Elysée lui a indirectement répondu dimanche en expliquant que la France "n'a pas du tout pour objectif de donner des pouvoirs supranationaux à la Commission européenne" pour stopper la propagation de la crise au sein de la zone euro. Si les contours du texte sont encore bien flous, il devrait être étoffé de propositions bien concrètes avant le sommet de la zone euro des 8 et 9 décembre sur la réforme institutionnelle de la zone euro.

Pourquoi il y a urgence ? A l'heure actuelle, chaque pays travaille dans son coin pour réduire son déficit. Visiblement, les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes des places boursières. L'Espagne et l'Italie sont plus que jamais dans le viseur, et la Belgique les a rejoint dans la spirale négative après sa dégradation de AA+ à AA par Standard and Poor's. Conscients de leur rôle de leader européen, l'Allemagne et la France jouent leur rôle à fond pour rassurer et calmer les marchés, en compagnie du nouveau venu Mario Monti.

Le pacte actuel ne convient plus ? Le pacte de stabilité actuel semble avoir perdu la confiance des marchés. Il n'a pas empêché la Grèce de rentrer dans la zone euro avec des comptes falsifiés, et de gros doutes subsistent sur la capacité des pays à revenir sous la barre des 3% de déficit en 2013 comme il le prévoit. En août, Jean Arthuis, le président de la commission des Finances du Sénat, avait estimé que c'était "un pacte de tricheurs et de menteurs".

Revenir aux monnaies locales, une utopie ? Hors de question, évidemment, pour les principaux pays de la zone euro d'aborder ce sujet, au risque d'affoler les marchés. Alors ce sont les banques qui le font. Lundi, le Wall Street Journal a annoncé que plusieurs établissements anglais menaient des tests pour se préparer à la dissolution de la zone euro. "Ces changements sont autant de signes d'une inquiétude grandissante de la sortie d'au moins un pays de la zone euro", écrit l'influent quotidien américain.