Déficits : Sapin demande à Bruxelles d'être compréhensif

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LE GRAND RENDEZ-VOUS - Michel Sapin estime que Bruxelles doit adapter ses règles, notamment budgétaires, à la situation que traverse le France.

En présentant son projet de budget 2015, le gouvernement a fait une croix sur l'objectif de limiter les déficits à 3% du PIB et risque d'être sanctionné par l'Union européenne en novembre. Mais Michel Sapin estime que la France peut invoquer des circonstances exceptionnelles, d'autant qu'elle consent déjà à un effort de 21 milliards d'euros. "La France prend ses responsabilités, mais l'Europe aussi doit prendre ses responsabilités et adapter sa politique à la situation économique d'aujourd'hui, sinon on risque de rester longtemps, beaucoup trop longtemps dans une très faible croissance avec une très faible inflation", a déclaré le ministre des Finances, dimanche lors du Grand rendez-vous d'Europe 1, Le Monde et I-Télé.

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La France a clarifié la situation début septembre : elle ne va pas respecter ses objectifs de réduction des déficits malgré l'octroi par Bruxelles de deux délais supplémentaires. Le gouvernement demande donc désormais à la Commission européenne non pas une dérogation mais une "adaptation" des règles. Et ce pour tenir compte de la faiblesse de la croissance et de l'inflation. "Je ne demande aucune dérogation à aucune règle, ce serait inadmissible (...). Ces règles nous les avons voulues; elles doivent s'appliquer pour tout le monde", a assuré Michel Sapin.

"Le plus grave n’a pas été 2013 mais une dizaine d’années auparavant, lorsque deux des plus grands pays sont venus voir la Commission en disant ‘les règles que vous appliquez aux autres ne s’appliquent pas à nous‘. Moi je ne dis pas que les règles ne s’appliquent pas à nous, les règles de l’Europe s’appliquent à tous", a-t-il ajouté. Mais Michel Sapin espère qu'elles s’appliqueront autrement, en fonction du contexte : "il y a une croissance beaucoup trop faible et si nous ne faisons rien, le risque c'est qu'on soit longtemps avec une faible croissance et une très faible inflation", et "si nous ne faisons rien les uns et les autres il y a un risque de situation à la japonaise" (c'est-à-dire une longue stagnation simultanée de l'activité économique et des prix), a-t-il plaidé.

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