Déficit : la Commission européenne se montrera compréhensive avec Paris

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Déficit : la Commission européenne se montrera compréhensive avec Paris
@ OLIVIER HOSLET / POOL / AFP
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BUDGET - La Commission européenne s'est montrée mardi compréhensive face à la situation de la France, qui a annoncé une renforcement de son appareil sécuritaire et risque de ne pas respecter ses engagements en matière de réduction du déficit public.

Alors que Paris avait élaboré un Budget 2016 respectant les règles européennes en matière de réduction des déficits publics, les attentats à Paris risquent de mettre à mal l'équilibre budgétaire prévu. Le gouvernement a en effet annoncé lundi 8.500 embauches pour renforcer les effectifs des forces de l’ordre, de la justice et des douaniers. Mais la Commission européenne a tenu compte du contexte et s'est montrée compréhensive vis-à-vis de la France.

"Les règles du pacte de stabilité n'empêchent pas les Etats de définir leurs priorités. Nous comprenons ce qu'est la priorité à la sécurité", a déclaré mardi Pierre Moscovici, le commissaire européen aux Affaires économiques, lors d'une conférence de presse à Bruxelles. "Nous démontrons que le pacte (de stabilité) n'est ni rigide, ni stupide (...) Il est capable de faire face à bien des situations. C'est dans cet esprit que nous discuterons avec le gouvernement français", a poursuivi le commissaire européen. "La Commission européenne a une approche intelligente et humaine de cette situation", a-t-il ajouté, tout en précisant qu'il est "trop tôt pour dire maintenant comment ça va se traduire sur la trajectoire budgétaire de la France". "Nous verrons au moment où cela sera pertinent", a souligné l'ancien ministre français des Finances.

Le Premier ministre Manuel Valls a confirmé mardi que les engagements budgétaires de la France, qui prévoyaient un retour à 3% de déficit public en 2017, seraient "forcément dépassés", ce que l'Union européenne doit "comprendre", en promettant des moyens inédits pour les services de police, de gendarmerie et de renseignement. Dès lundi, le président François Hollande avait annoncé la couleur en déclarant que "le pacte de sécurité l'emporte sur le pacte de stabilité" budgétaire.