Déficit, dette : un dérapage surprise

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Déficit, dette : un dérapage surprise
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Selon l'Insee, la France a raté son objectif de réduction du déficit. La dette, elle, s'envole. 

LE CHIFFRE. Le gouvernement n'aura pas réussi à tenir ses objectifs de réduction des dépenses. En 2012, la France a ramené son déficit public de 5,3 % à 4,8 % du PIB, un effort important, mais qui reste en-deçà de la prévision initiale du gouvernement, qui tablait sur 4,5 %.

La conséquence, c'est que la dette de l'Etat s'est une nouvelle fois envolée, pour atteindre le montant record de 1.833,8 milliards d'euros, soit plus de 90 % du PIB, alors que le gouvernement espérait en rester à 89,9 %.

Les raisons d'une hausse. Pour expliquer ce dérapage, Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie, avance trois pistes. D'abord, la croissance, plus faible que prévue : alors que le gouvernement tablait sur 0,3 % de hausse de l'activité, celle-ci a finalement été nulle. Résultat, les recettes fiscales et tout particulièrement la TVA ont été moins importantes qu'espéré. Il y a ensuite le sauvetage de Dexia. La banque, qui s'occupe notamment du financement des collectivités locales, s'est retrouvée l'an dernier au bord de la faillite, et a du être recapitalisée à hauteur de 5,5 milliards d'euros par l'Etat. Enfin, Pierre Moscovici blâme le déficit 2011, qui a dû être révisé à la hausse l'an dernier.

Le dérapage atténué. Selon Pierre Moscovici, les mesures prises après l'élection de François Hollande ont permis de limiter la hausse du déficit. "S'il n'y avait pas eu les mesures correctrices, celles que nous avons prises cet été, avec une croissance nulle en 2012, le déficit aurait été supérieur à 5,5% du PIB", a-t-il expliqué sur RTL.

Les objectifs pour 2013. Selon le ministre de l'Economie, le déficit devrait atteindre 3,7 % à la fin de cette année, un chiffre en ligne avec les estimations de la Commission européenne. Il y a quelques semaines, Bruxelles a en effet tiré la sonnette d'alarme, en estimant que la France devait fournir encore plus d'effort pour revenir sous la barre des 3 %. Selon ses prévisions, en l'absence de nouvelles économies, le déficit pourrait encore s'aggraver en 2014 pour atteindre 3,9 %, tandis que la dette se rapprocherait de 95 %.