Croissance, déficit : Bercy l'équilibriste

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Croissance, déficit : Bercy l'équilibriste
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Le gouvernement va réévaluer sa prévision de croissance mais maintient son objectif de déficit.

Un pas en arrière. Le gouvernement a admis mardi matin que sa prévision de croissance de 0,8% pour 2013 en France allait être révisée. "Nous le ferons dans les prochains jours si nécessaire", a déclaré François Hollande. "Il ne sert à rien d'afficher des objectifs" en terme de croissance "s'ils ne peuvent pas être atteints", a-t-il ajouté. Le ministère de l'Economie avait auparavant reconnu que "concernant les perspectives macroéconomiques pour 2013, les incertitudes sont toujours nombreuses", alors que la plupart des économistes et des institutions jugent déjà cette prévision trop optimiste. Celle-ci sera donc "réévaluée dans le cadre de la préparation du programme de stabilité, qui sera transmis au Parlement à la mi-avril", assure Bercy.

La Cour des comptes doute. Cette annonce intervient aussitôt après la publication du rapport annuel de la Cour des comptes qui tempère l'enthousiasme du gouvernement. Alors que les magistrats soulignent que l'effort budgétaire, qui porte sur "1,9 point de PIB, soit 38 milliards d'euros" est "inédit en France", ils doutent que le gouvernement atteigne ses objectif. Le déficit public ne tomberait pas à 3% comme le prévoit le gouvernement "en raison notamment d'un niveau de croissance vraisemblablement inférieur aux prévisions", a souligné le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, devant la presse.

L'objectif de déficit maintenu. Cependant, concernant la réduction des déficits, Bercy reste ferme et réitère ses ambitions. "L'exécution 2012 du budget de l'Etat ne remet pas en cause l'objectif d'un déficit public de 3% en 2013, les mesures permettant d'atteindre la cible, avec une croissance du PIB de 0,8% en 2013, ayant été adoptées", affirment le ministre de l'Economie Pierre Moscovici et son ministre délégué au Budget Jérôme Cahuzac dans une réponse écrite à la Cour des comptes.

Comment ? Si la croissance n'atteint pas 0,8%, alors comment Bercy espère-t-il  tenir coûte que coûte son objectif de déficit à 3% ? La question reste en suspens. Le gouvernement devra peut-être annoncer de nouvelles mesures de rigueur, des économies supplémentaires qui pourraient compenser des recettes fiscales moins élevées qu'attendu.