Criteo, les Frenchies à l'assaut du Nasdaq

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Criteo, les Frenchies à l'assaut du Nasdaq
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L'entreprise spécialiste du web a annoncé mercredi sa prochaine introduction en Bourse, au sein de l'indice phare des nouvelles technologies.

Une première depuis presque 20 ans. Mercredi, la start-up française Criteo a déposé un dossier pour entrer en Bourse. Une annonce a priori banale, des dizaines d'entreprises françaises prenant le même chemin chaque année. Mais là où la plupart d'entre elles choisissent le CAC 40, les dirigeants de Criteo ont eux opté pour… Le Nasdaq. Un évènement en soi : la dernière fois qu'une entreprise française a intégré l'indice phare des nouvelles technologies de la Bourse de New York, c'était Business Objects, un développeur de logiciels d'entreprises racheté depuis par SAP, en 1994.

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Qui est Criteo ? La start-up a germé en 2005 de la rencontre de Jean-Baptiste Rudelle, ingénieur, Franck Le Ouay, mathématicien et Romain Niccoli, informaticien. Tous trois estiment à l'époque que la publicité en ligne a encore beaucoup de progrès à faire : souvent trop générique, elle n'est pas assez ciblée en fonction des internautes. Résultat, ceux-ci ne cliquent pas et les campagnes publicitaires sont souvent peu efficaces. Ensemble, ils décident donc de mettre au point un système qui permettrait d'afficher sur le Net des publicités en fonction des goûts de chaque utilisateur.

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© REUTERS

Comment ça marche ? Prenons un exemple : vous cherchez à acheter un canapé pour votre salon. Vous vous rendez donc sur plusieurs sites web pour comparer les prix mais, pour une raison ou pour une autre, vous n'achetez pas le canapé immédiatement. Le service de Criteo consiste à afficher par la suite, sur les sites Internet où vous vous rendez, des publicités pour les canapés que vous avez regardés. La start-up achète elle-même l'espace publicitaire et le revend ensuite aux annonceurs, qui ne payent que si l'internaute clique.

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Une activité en plein boom. Créée en 2005, Criteo a consacré les deux premières années de sa vie au développement de son algorithme, la "formule magique" qui permet d'identifier les centres d'intérêt des internautes. A son lancement en 2007, la solution convainc rapidement le marché français. Mais Criteo voit bien plus large et dès l'année suivante, Jean-Baptiste Rudelle part s'installer en Californie, au cœur de la Silicon Valley, pour dénicher des clients sur le continent américain. Là encore, c'est un carton plein pour l'entreprise française. Aujourd'hui, Criteo est présente dans 37 pays et compte une quinzaine de bureaux en Europe, aux Etats-Unis, au Brésil et en Asie.

Les chiffres donnent le tournis : en cinq ans, selon le cabinet Deloitte, son chiffre d'affaires a augmenté de 202.000 %. Depuis 2010, il a même doublé chaque année, pour atteindre l'an dernier 271 millions d'euros. Parmi ses clients, on compte PriceMinister, La Redoute, Hotels.com, Expedia, Orange, Sarenza, etc.

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Une valorisation à deux milliards. Une question reste encore en suspens : combien vaut vraiment Criteo ? Avec son introduction en Bourse, la start-up espère lever 190 millions de dollars (140 millions d'euros). Mais seule une petite part des actions seront proposées au marché, le reste étant dans les mains des fondateurs et des fonds d'investissement ayant contribué à son développement. Un chiffre est toutefois avancé : selon l'agence Bloomberg, Criteo pourrait être valorisée deux milliards de dollars, soit 1,47 milliard d'euros. Tout de même sept fois plus que Dailymotion, la plus connues des entreprises françaises du web.