Crit Intérim devant la justice pour "escroquerie"

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Crit Intérim devant la justice pour "escroquerie"
@ AFP
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L'un des leaders du travail temporaire est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris. Le groupe est suspecté d'avoir privé des milliers de travailleurs de leurs indemnités.

La société Crit intérim est renvoyée devant la justice. Les 28 et 29 mai prochain elle comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Paris, pour "escroquerie" et "travail dissimulé", révèle L'Express. La société, cotée en Bourse, est soupçonnée d'avoir privé des milliers de travailleurs intérimaires d'une partie de leurs indemnités, entre 2003 et 2005.

Jusqu'à 50.000 victimes. Les victimes sont des ouvriers, des éboueurs, des caissières, tous des travailleurs intérimaires. La justice soupçonne l'entreprise Crit interim d'avoir falsifié leurs fiches de paie. Entre 2003 et 2005, près de 50.000 bulletin de salaire auraient ainsi été falsifiées.

Deux lignes supprimées sur la fiche de paye. Le système était simple : à la fin d'une mission, il suffisait à l'agence de taper le "code 80", qui supprimait automatiquement les indemnités de fin de missions auxquelles ont droit les intérimaires. Le "code 90", lui, supprimait les indemnités de congés payés. Deux lignes qui peuvent passer complètement inaperçues sur la fiche de paie, mais qui représente 20%  de la rémunération du travailleur.

"Le profil idéal pour être trompé". Les victimes sont des travailleurs souvent vulnérables, selon l'avocat de la CFTC, Bruno de Prémare. "Ce qui met en colère le syndicat CFTC du travail temporaire, c'est que la population de salariés intérimaires est assez précaire, vulnérable, fragile. Et volatile aussi, parce que l'on a souvent des problèmes à les retrouver. Elle est aussi souvent issue de l'immigration. Elle ne sait pas lire, ou mal, un bulletin de salaire. Ce qui est assez compliqué. Donc c'est un peu le profil idéal pour être trompé", déplore l'avocat, qui a déclenché l'affaire en 2006, en déposant plainte pour le compte d'un intérimaire trompé. Depuis 2006, et l'adoption d'un nouveau système informatique, ces abus ont cessé.

La direction au courant ? Depuis, le groupe Crit intérim a reconnu les faits, mais parle d'une petite dizaine d'agences, dont les responsables ont tous été sanctionnés. La direction affirme qu'en aucun cas il ne s'agissait d'une pratique institutionnalisée. Mais la juge d'instruction, Claire Thépaut, semble persuadée du contraire. Selon elle, la direction de l'entreprise était "informée et approuvait cette pratique" mise en œuvre "dans le but d'accroître les bénéfices de la société".

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