Crise à l’Umih : la justice va trancher

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Crise à l’Umih : la justice va trancher
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Le nouveau leader du syndicat, élu lundi, espère que l’ancienne présidente va quitter son bureau.

Fin du vaudeville à l’Union des métiers et des Industries de l'Hôtellerie ? Après l'éviction de Christine Pujol, présidente déchue du premier syndicat de l'hôtellerie-restauration, la nouvelle direction espère la déloger de son bureau. Elus avec 80,2% des suffrages, Roland Héguy, président de la section basque de l'organisation, espère que Christine Pujol "tiendra compte des résultats du vote" et qu’elle va quitter son "ancien bureau".

Le Tribunal de grande instance de Paris doit examiner vendredi un référé demandant l’expulsion de Christine Pujol. Cette dernière vient peut-être de passer sa dernière nuit barricadée dans les bâtiments de l'Umih, mais elle reste néanmoins confiante.

"Je suis déterminée", a-t-elle répété depuis son bureau :

Plainte classée sans suite

La plainte pour harcèlement déposée à Paris par la présidente contestée a été classée sans suite mardi, les éléments constitutifs du harcèlement n'étant pas réunis, selon une source judiciaire. Une plainte déposée en raison des "agissements intolérables" dont elle disait être l'objet. Elle dénonçait, dans un communiqué, "la stratégie de tension" imposée par la nouvelle direction, qui "fait en sorte qu'elle ne puisse recevoir ni courrier, ni collaborateur ou partenaire, ni de quoi permettre l'exercice effectif de sa mission".

Elle dort sur la moquette

Ces élections devraient affaiblir Christine Pujol qui continue pourtant à en revendiquer la présidence et à se barricader dans le bureau de la présidence au siège de l'Umih dans le VIIIème arrondissement avec une collaboratrice. Elle dort sur la moquette et se fait ravitailler en nourriture par des proches qui déposent des vivres dans un sac que l'ex-présidente remonte jusqu'au troisième étage du bâtiment de ce quartier chic de Paris à l'aide d'un câble d'antenne.

Un cordon "a été coupé au couteau pour nous empêcher de regarder la télévision", a expliqué Christine Pujol. Alors, pour passer le temps et se "maintenir en forme, n'être ni énervée ni déprimée", elle fait "un peu de gym et de stretching".

Un désaveu pour Christine Pujol

Le scrutin de lundi était la suite annoncée de la prise de pouvoir à l'Umih en novembre dernier par les détracteurs de la présidente élue Christine Pujol, qui avaient organisé une assemblée générale extraordinaire (AGE) en marge d'un congrès annuel très mouvementé. Christine Pujol conteste toujours la légalité de l'AGE qui l'a destituée et toutes les décisions qui ont suivi. Elle a porté plainte vendredi pour harcèlement contre la présidence par intérim de l’Umih.

Le vote signe pourtant un désaveu pour Christine Pujol Elle avait demandé que les présidents de départements n'y participent pas. Seuls "5 ou 6" sur 102, selon Roland Héguy et Hervé Becam, n'ont pas pris part au vote. La nouvelle direction s’est "réjouie" d'une participation jamais vue lors d'une élection à l'Umih, 92% de votants.

Fermer une page

Roland Héguy souhaite maintenant "fermer une page qui a été désagréable" et se consacrer aux dossiers qui l’attendent. Il va contacter très vite Christine Pujol mais affirme qu’elle n’est "pas une priorité pour l’Umih".

"J'appelle toutes les parties prenantes à la raison", a de son côté déclaré mardi la présidente du Medef Laurence Parisot : "Nous sommes depuis plusieurs mois déjà dans un processus qui n'est pas raisonnable. Je demande à tout le monde de retrouver la mesure et la sagesse", a ajouté la dirigeante patronale.