Crédit immobilier : pouvoir résilier son assurance pourrait faire monter les prix

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Crédit immobilier : pouvoir résilier son assurance pourrait faire monter les prix
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ASSURANCE - Les consommateurs peuvent désormais résilier l'assurance-emprunteur qu'ils ont contractée pour un prêt. Une mesure à double tranchant.

La loi Hamon sur la consommation a redonné du pouvoir aux consommateurs. Dernier exemple en date, la possibilité pour ceux qui souscrivent un prêt immobilier auprès de leur banque de résilier, dans un délai de 12 mois, l'assurance-emprunteur qu'ils ont contracté pour ledit prêt, s’ils la juge trop chère. La mesure, destinée à faire baisser le prix des assurances, pourrait toutefois avoir des effets pervers.

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Une loi destinée à faire baisser les prix. La loi Hamon permet à un consommateur de résilier, dans une période de douze mois, l’assurance souscrite pour couvrir le risque de décès, d'invalidité et d'incapacité. Si vous trouvez votre assurance trop chère, vous pouvez faire jouer la concurrence et présenter à votre banque un autre contrat qui offre au minimum le même niveau de garanties. Le gouvernement espère ainsi pousser les établissements qui proposent les assurances à jouer sur les prix pour conserver leurs clients.

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Un risque de stigmatisation. Les spécialistes du secteur pointent toutefois le risque de voir les prix diminuer pour les "bons risques" et de voir cette baisse compensée sur les contrats imposés aux « mauvais risques ». Autrement dit, les personnes de moins de 40 ans, qui ne fument pas, sans surcharge pondérale et sportives pourraient voir le tarif de leur assurance diminuer. Les établissements ont de quoi être confiants : les probabilités qu’ils arrivent au bout du remboursement de leur prêt sont très élevées. Au contraire, les plus de 50 ans qui fument et qui sont en surpoids paieront cher leur âge et leur santé. « On ne va pas vers une baisse du tarif moyen de l’assurance de prêt mais vers une redistribution des tarifs : les bons risques payant encore moins cher et les mauvais risques encore plus », explique à Europe 1 Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du cabinet Facts & Figures.

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Des assurances dégressives. Autre menaces mises en avant par les experts : la tentation pour les assureurs d’arrêter de lisser le coût de l'assurance-emprunteur sur la durée totale du prêt. En effet, pour faire face au risque de voir leurs clients partir avant d’être rentrés dans leur frais, les professionnels pourraient augmenter le tarif en début de prêt et ne le baisser qu’après 12 mois, quand il est trop tard pour résilier.

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