Coup de froid sur les crédits immobiliers

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Coup de froid sur les crédits immobiliers
Les banques ont moins prêté aux ménages pour le financement d'un achat immobilier en janvier.@ MAXPPP
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Les banques ont moins prêté aux ménages pour le financement d'un achat immobilier en janvier.

Encore un signe supplémentaire du grippage de l'économie française : les crédits immobiliers accordés par les banques ont subi un véritable refroidissement au mois de janvier. Leur montant a chuté de 26% par rapport à janvier 2011. Diminution des avantage fiscaux et durcissement des conditions d'octroi des crédits expliquent en partie cette tendance.

Les banques plus vigilantes

Crise économique et montée du chômage n'encouragent pas l'investissement. Mais les ménages qui persévèrent dans leur projet se heurtent à une difficulté nouvelle :  l'accès au crédit est beaucoup plus sélectif qu'à la même période l'an dernier. "Les banques sont beaucoup plus regardantes et vigilantes, à la fois sur l'apport et la situation professionnelle", constate Maëlle Bernier, du courtier Empruntis. Pour l'ensemble de l'année 2012, les crédits immobiliers accordés par les banques devraient s'élever à seulement 130 milliards d'euros, soit une baisse de près de 20% par rapport à 2011 (160 milliards), loin du record absolu de 2007 (170,2 milliards).

Les principales victimes de cette situation sont les primo-accédants. Jusqu'à l'an dernier, ils pouvaient encore profiter du prêt à taux zéro pour un achat dans l'ancien. Mais depuis le 1er janvier, la loi a été modifiée. Et pour les achats de logements neufs, le taux de l'avantage fiscal accordé est passé de 22 à 13%.

Moins de constructions et moins de ventes en 2012

Et la tendance n'a pas l'air de s'inverser. Pour Michel Mouillart, professeur d'économie à l'Université Paris-Ouest et expert du secteur, la contraction des prêts accordés aux ménages va se poursuivre. Conséquence, le nombre de mises en chantier devrait diminuer. Michel Mouillart table sur une baisse de "50 à 60.000 logements construits en 2012 par rapport à 2011". L'expert s'attend également à ce que "70 à 90.000 logements anciens ne soient pas vendus en 2012".

La seule bonne nouvelle est que cet écart entre l'offre et la demande devrait faire baisser les prix des logements - sauf dans les grandes villes.