Copenhague : les chiffres pour comprendre

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Copenhague : les chiffres pour comprendre
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Objectifs, réchauffement, émissions… Voici les chiffres-clés de la conférence de Copenhague sur le climat.

Degrés. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), chargé de synthétiser les travaux menés dans le monde entier, le réchauffement climatique aura pour conséquence une hausse de la température moyenne de la Terre comprise entre 1,1 degré à 6,4 degrés d’ici à 2100. Or, toujours selon le Giec, prix Nobel de la Paix en 2007 avec Al Gore, pour limiter les conséquences catastrophiques du réchauffement climatique, il faut limiter cette hausse à 2 degrés. C’est l’objectif que doivent se fixer les participants au Sommet de Copenhague, recommande le GIEC.

Objectifs chiffrés. Le Giec, toujours lui, recommande de baisser –par rapport à 1990, année de référence choisie dans le Protocole de Kyoto- de 25 à 40% les émissions de gaz à effet de serre (GES) à l’échelle de la planète entière d’ici à 2020 (et même 80% d’ici à 2050) pour respecter l’objectif des deux degrés maximum de hausse. L’Union européenne, via son paquet climat-énergie adopté en décembre 2008, a déjà pris des engagements résumés par la formule des "3x20" : moins 20% d’émissions de gaz à effet de serre, 20 % d’économie d’énergie, et 20 % d’énergie renouvelable dans le total de production d’énergie, le tout à l’horizon 2020. L’Union s’est même déclaré prête à aller jusqu’à une baisse de 30% des émissions de GES si d’autres pays s’y engagent également.

Les Etats-Unis et la Chine, les plus gros pollueurs du monde (voir plus bas), ont effectué ces dernières semaines une avancée en avançant, pour la première fois, des objectifs chiffrés. Washington a avancé le chiffre de 17% de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020, puis 30% d’ici à 2025 et 42% d’ici à 2030. Mais ces taux sont calculés par rapport aux émissions de 2005. Ainsi, rapportés à 1990, les 17% se transforment en… 4%. Pékin, de son côté, a avancé les chiffres d’une baisse de 40 à 45% d’ici 2020 par rapport à 2005. Là encore, une réserve : la Chine a précisé vouloir baisser non pas ses émissions de CO2, mais son "intensité carbonique". C’est-à-dire qu’elle ne sacrifiera donc pas sa croissance, mais promet une croissance plus propre. Mais les avancées des deux géants n’en restent pas moins indéniables.

Emissions par pays. L’année 2007 a vu la Chine devenir le plus grand pollueur du monde, si l’on se réfère aux chiffres des émissions de CO2 par pays et par an. Selon l’Agence internationale de l’énergie, l’Empire du Milieu a rejeté cette année-là 6.071 millions de tonnes de CO2, soit 20,9% du total mondial devant les 5.769 millions de tonnes des Etats-Unis (19,9%) et les 1.587 million de tonnes de la Russie (11,2%). La France se classe 13e (369 millions de tonnes, 5,8%).

Emissions par habitants. Mais la situation est toute autre lorsqu’on étudie les chiffres des émissions par habitants. La Chine, pourtant pointée du doigt, n’apparaît dans ce classement qu’à la … 72e place. Et –si l’on excepte les très petits Etats comme les émirats pétroliers ou le Luxembourg- ce sont les Etats-Unis qui se placent en tête, avec 19,1 tonnes de CO2 rejeté par habitant et par an. L’Australie (18,7) et le Canada (17,3) arrivent juste derrière, loin devant la France (5,8). L’écart avec les pays émergents et pauvres est impressionnant. Ainsi, les Chinois ont rejeté en 2007 4,5 tonnes de CO2 chacun. L’Inde (1,1), et le Mozambique (0,2) sont par exemple beaucoup plus loin. Ces pays vont d’ailleurs réclamer lors du sommet de Copenhague que ce critère soit désormais retenu pour calculer le degré d’émissions de GES par pays. Le débat sur ce sujet pourrait être des plus tendus.

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