Compté pénibilité : le gouvernement temporise

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Compté pénibilité : le gouvernement temporise
Manuel Valls a annoncé le report de la mise en place du compte pénibilité.@ Reuters
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DEUX PAS EN AVANT… - Sous pression, Manuel Valls tente de sauver la conférence sociale de fin de semaine en accédant aux requêtes du patronat.

L’INFO. Manuel Valls a annoncé un report partiel à 2016 de la mise en place du compte pénibilité, initialement prévue pour le 1er janvier 2015 et critiqué par le Medef, dans une interview à paraître mercredi dans Les Echos. "L'année 2015 sera une année de montée en charge progressive. (...) L'objectif est d'aboutir à une généralisation en 2016, dans les meilleures conditions", a expliqué le chef du gouvernement, qui juge en outre "incompréhensible" un éventuel boycott par le Medef de la conférence sociale des 7 et 8 juillet.

Rebsamen et Touraine au travail. Estimant qu'il "y a une focalisation" sur le sujet du compte pénibilité et ne voulant pas "qu'il cristallise les tensions", Manuel Valls a annoncé qu'il allait "demander à François Rebsamen (Travail) et à Marisol Touraine (Santé) de reprendre les projets de décret pour aller plus loin dans la simplification et la sécurisation du dispositif".  "De même, nous allons compléter la législation sur le temps partiel, afin d'écarter tout risque juridique quand des contrats de moins de 24 heures par semaine sont établis avec l'accord individuel du salarié", a-t-il ajouté.

"Je comprends évidemment l'inquiétude, l'angoisse, l'exaspération parfois, de beaucoup d'entrepreneurs, qui créent la richesse et l'emploi et dont les carnets de commandes sont insuffisants et incertains", poursuit Manuel Valls dans son interview. "Mais on ne peut pas se plaindre du trop d'Etat et déserter le dialogue social. On ne peut pas vouloir être davantage respecté comme partenaires sociaux et ne pas respecter ses propres partenaires", ajoute le Premier ministre.

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Le patronat avait fait pression. Le président du Medef, Pierre Gattaz, avait menacé lundi sur Europe 1 de boycotter la conférence sociale des 7 et 8 juillet, si l'organisation patronale n'obtenait pas "cette semaine les réponses à (ses) questions", concernant notamment sa demande d'un report à janvier 2016 du compte pénibilité.

"Si le problème de la pénibilité est réglé, avec un report en 2016, le Medef ira. Mais si nous n'avons pas clairement cette semaine les réponses à nos questions posées depuis des mois, il y a une éventualité de boycott", avait prévenu Pierre Gattaz.

Suite la publication de l’interview du Premier ministre, le président du Medef a réagit positivement sur Twitter, évoquant un “discours encourageant” et “des avancées à regarder”.



Un compte à point. Le dispositif du compte pénibilité avait été dévoilé début juin avec la publication du rapport de Michel de Virville sur le sujet. Le projet prévoyait qu’à partir de 2015, les salariés exposés à des facteurs de pénibilité dans leur travail (bruit, vibrations, températures extrêmes, etc.) puissent accumuler des points sur un compte qui leur permettrait de partir plus tôt à la retraite, de se former ou de travailler à temps partiel.

Lors de la conférence de presse dédiée à la présentation de son rapport, Michel de Virville avait expliqué vouloir protéger les salariés les plus exposés. “L’ensemble du dispositif constitue une incitation financière pour les entreprises à mettre en place la prévention”, avait-il expliqué.

Dès l’été 2013, la ministre de la Santé avait jugé que la question de la pénibilité au travail concernait environ un salarié sur cinq, soit “plus de 100.000 personnes” partant en retraite chaque année.

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