Comment le gouvernement surveille de l'intérieur plans sociaux et restructurations

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Toutes les semaines, le Premier ministre, la ministre du Travail et le secrétaire d'Etat en charge du numérique et de l'innovation, se réunissent pour examiner les dossiers.

Huit cents salariés de l'enseigne de mode à petits prix Mim risquent de se trouver sans emploi. Le tribunal de commerce de Bobigny a validé mardi la reprise partielle de l'entreprise par un groupe suisse allié au français Etam. Mais ces repreneurs n'ont prévu de racheter que 71 points de vente sur 233 magasins. Un coup dur pour les salariés qui comptaient sur une autre offre prévoyant de sauver plus de 90% des emplois, mais le tribunal a estimé que cette offre ne présentait pas de garanties suffisantes. En pleine campagne présidentielle, ce plan social n'est malheureusement pas le seul et le gouvernement surveille comme le lait sur le feu un certain nombre de dossiers.

Le secteur textile très touché. Tous les mardis, une réunion au plus haut niveau se tient pour examiner les dossiers les plus sensibles. Autour de la table : le Premier ministre Bernard Cazeneuve et les ministres Myriam El Khomri, Michel Sapin et Christophe Sirugue. En haut de la pile, on trouve des dossiers dans le textile : outre la vente d'André, il y a celle de Tati qui représente 1.700 emplois. La ministre du Travail suit le dossier de très près, elle qui est candidate aux législatives dans le 18e arrondissement de P aris, où se situe le magasin historique du groupe. Le gouvernement espère d'ailleurs avoir des offres de reprise fermes dans les prochaines semaines.

Des entreprises pas toujours connues du grand public. Un autre des dossiers surveillés avec attention est celui de Whirlpool. L'entreprise a annoncé l'arrêt dans un an de son usine d'Amiens. Les négociations pour trouver un repreneur sont difficiles mais il y a de bonnes chances d'aboutir. Dans la liste, il n'y a pas que des entreprises connues du grand public. Le sous-traitant automobile GM et S Industry est par exemple suivi avec attention. En redressement judiciaire, la société est un employeur important du département de la Creuse.

Si l'on fait les comptes, il y a, explique-t-on au gouvernement, une accélération des restructurations depuis le début de l'année. Le contexte électoral a joué, explique-t-on. Certaines entreprises profitant de cette période de flou pour faire leurs annonces.