Comment détruit-on 100.000 emplois ?

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Comment détruit-on 100.000 emplois ?
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3' CHRONO - Près de 100.000 emplois ont été rayés de la carte en 2012 selon l'Insee.

100.000. C'est le nombre d'emplois détruits dans les secteurs marchands par l'économie française en 2012, selon les derniers chiffres de l'Insee. D'après l'institut de statistiques, aucun secteur n'est épargné, à l'exception de l'hôtellerie-restauration, de la banque et de l'énergie. Conséquence, l'économie française a plus qu'effacé l'an dernier les 80.000 emplois qui avaient été créés en 2011. Mais qu'est-ce qui se cache derrière ce chiffre de 100.000 emplois supprimés.

Comment les emplois sont-ils supprimés

• L'intérim s'effondre. L'intérim a payé cher les difficultés économiques. Traditionnellement, ce type de contrat sert aux entreprises à répondre aux hausses soudaines d'activité sans avoir à engager de nouveaux employés. Par exemple, en 2010, la hausse de l'activité s'est traduite par une augmentation de 40 % des emplois intérimaires.

L'an dernier, c'est le contraire qui s'est produit. Croissance atone et activité en berne ont poussé les chefs d'entreprise à se séparer de leurs salariés temporaires. 61.000 emplois ont ainsi disparu dans l'intérim. Dans ce cas, il ne s'agit pas de suppressions de postes, mais plus simplement de contrats temporaires non reconduits.

• Les ruptures conventionnelles plébiscitées. Outre les plans de départs volontaires et les licenciements, les chefs d'entreprise ont un nouvel atout pour se séparer des salariés dont ils ne veulent plus : les ruptures conventionnelles de contrat. Selon le ministère du travail, 261.600 ont ainsi été validées entre janvier et octobre 2012.

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© MAXPPP

Deux secteurs particulièrement touchés

• La baisse de l'immobilier. Après des années de performances record, le logement a inversé la tendance en 2012. Hausse des prix oblige, la fièvre immobilière s'est peu à peu calmée l'an dernier, et les constructions de logements ont levé le pied. Entre 2011 et 2012, elles se sont ainsi effondrées de 20 %, selon le ministère du logement. L'emploi en pâtit inévitablement : selon l'Insee, ce sont pas moins de 14.000 emplois qui y ont été supprimés l'an dernier.

• L'automobile en crise. L'automobile a également payé un lourd tribut à la crise économique, comme l'ont montré le vaste plan d'économie engagé par PSA (qui prévoit notamment la fermeture de l'usine d'Aulnay) et l'accord de compétitivité signé par les syndicats de Renault. En 2012, les immatriculations se sont ainsi effondrées de 13,9 % selon le Comité des constructeurs français d'automobile (CCFA). La baisse de ces ventes a pour conséquence des coupes non seulement dans l'industrie automobile (qui a perdu 5.700 emplois), mais surtout chez les concessionnaires et les garagistes : en l'espace d'un an, ce sont 20.000 postes qui ont été supprimés.