Christophe Sirugue : "Je m’y engage : il n’y aura pas de fermeture du site d'Alstom à Belfort"

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Sur Europe 1, le secrétaire d'État à l'Industrie s'est engagé lundi à ne pas fermer l'usine de Belfort, où Alstom projette d'arrêter la fabrication de trains d'ici 2018.

INTERVIEW

C'est désormais un "objectif" fixé par François Hollande : le maintien de la production de locomotives Alstom à Belfort. Le cap a été fixé lundi matin à l'Elysée, en présence des ministres concernés (Économie, Industrie, Transports). Mais pour les 400 salariés concernés par ce déplacement de la production vers Reichshoffen, dans le Bas-Rhin, le gouvernement est au mieux impuissant, au pire menteur. Sur Europe 1, l'un parle ainsi de "bla-bla", quand un autre admet simplement "ne pas trop y croire". 

"C’est la feuille de route qui nous a été donnée". "Je comprends le caractère dubitatif que peuvent exprimer les salariés de Belfort. Mais en même temps, ils doivent comprendre que l’État a une volonté de renforcer la filière ferroviaire dans ce pays, et ça passe notamment par la question de ce site", réagit sur Europe 1 le secrétaire d'État à l'Industrie Christophe Sirugue. "Je m’y engage : il n’y aura pas de fermeture du site à Belfort", promet-il. "C’est la position du président de la République et du Premier ministre. C’est la feuille de route qui nous a été donnée, c’est celle sur laquelle nous travaillons".

Entendu sur Europe 1
L’État a une volonté de renforcer la filière ferroviaire dans ce pays.

"Il faut qu'on ait un échange avec Alstom". Mais l'État bénéficie-t-il d'une marge de manœuvre suffisante pour sauver le site historique d'Alstom ? Manuel Valls, invité dimanche du Grand Rendez-Vous d'Europe 1, a fait montre de volontarisme, martelant qu'il était encore possible de sauver le groupe. "Il faut qu’on ait un échange avec Alstom", préconise Christophe Sirugue, qui avait déjà reçu son PDG dès l'annonce du transfert du site de production. "Dans cette affaire, le côté extrêmement violent de l’annonce est une des difficultés à laquelle nous sommes confrontés. Ce n’est pas comme si nous étions confrontés à une filière qui n’a plus d’avenir."

Des questions encore nombreuses. "La question c’est : comment fait-on pour accompagner Alstom dans une période objectivement difficile, puisqu’il est vrai qu’il y a une baisse du carnet de commandes", continue le secrétaire d'État. "Comment fait-on pour mobiliser tous les acteurs de telle sorte qu’on franchisse cette étape-là, pour qu’on ne perde pas le savoir-faire qu’il y a sur Belfort et qu’au bout du compte tout ça soit préjudiciable à la filière du ferroviaire sur laquelle nous sommes mobilisés ?"

Autre question, soulevée par François Hollande lundi depuis Saint-Quentin-en-Yvelines, les nombreux contrats remportés par Alstom à l'étranger : "Comment fait-on pour qu’Alstom soit aussi dynamique sur le marché intérieur qu’il l’est sur le marché extérieur ? Cela fait aussi partie de la réflexion", confie Christophe Sirugue. Pour l'État, qui détient 20% des droits de vote d'Alstom depuis février, grâce à des actions prêtées par Bouygues, les questions restent donc nombreuses et les espoirs de sauver le site assez minces. Alstom espère néanmoins décrocher de nouvelles commandes pour la cinquième génération de TGV, développée avec la SNCF d'ici fin 2017. De quoi peut-être sauver Belfort... si l'usine est maintenue jusque-là.