Chômage : "une reprise légère et plutôt molle"

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Chômage : "une reprise légère et plutôt molle"
@ LOIC VENANCE / AFP
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Alain Roumilhac, président de ManpowerGroup France, l'un des leaders de l’intérim, était invité dimanche d’Écosystème.

INTERVIEW

Sur le front du chômage, "les choses sont en train de s'améliorer progressivement, pas de façon extrêmement spectaculaire", estime Alain Roumilhac, président de ManpowerGroup France, l'un des leaders de l’intérim, invité dimanche d’Écosystème, sur Europe 1.

Quels sont les secteurs où cela repart ? "Nous, nous le voyons depuis quelques mois. Nous enregistrons actuellement une croissance de 5%. C'est une reprise légère et plutôt molle", décrypte le patron de l'entreprise, qui a recruté 100.000 intérimaires en France en 2015. Alain Roumilhac constate "un mieux dans l'industrie, et dans tous les métiers liés à la consommation : la distribution, la logistique. Et puis on a vu une vraie inversion dans le secteur de la construction", secteur capital en France, passé d'une croissance des embauches de -15% "à entre +5% et +10%" aujourd'hui. En France, la moyenne d'une mission en intérim reste faible, d'une semaine environ. Comment justifier cette forme de précarité ? "Les entreprises ont encore un manque de visibilité", répond le dirigeant.

De l'importance de la formation. Le dirigeant estime que la formation est "un sujet fondamental", dans ce "monde qui évolue". "On a une demande de plus en plus forte des entreprises qui ont des difficultés à trouver les compétences dont elles ont besoin. Elles nous demandent de plus en plus de créer ces compétences", poursuit le dirigeant de ManpowerGroup France. "On va identifier le potentiel des gens qui, moyennant une formation, vont pouvoir prendre le poste. Ils savent que s'ils réussissent leur formation, ils seront embauchés, en CDD long ou en CDI. On a un taux de succès sur ces formations de plus de 95%", assure Alain Roumilhac.

Selon le dirigeant, la question de la formation pose la question de "service public de l'emploi". "On a fait le choix plus d'indemniser que d'accompagner. Dans le monde tel qu'on le perçoit aujourd'hui, il faut augmenter l'accompagnement des gens qui vont se retrouver en rupture", assène Alain Roumilhac, co-auteur de l'ouvrage Digital, emploi et compétences, Terres Nouvelles, Droit Devant !