Chômage : oui, l'inversion de la courbe est bien là

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La publication mardi soir des chiffres du chômage est très attendue par l'exécutif qui n'attend que de savoir si la fameuse courbe s'est inversée. 

A 18 heures mardi, les chiffres du chômage pour le mois de septembre seront connus. Le nombre de demandeurs d'emploi est-il reparti à la baisse le mois dernier après la très forte hausse (+50.200) enregistrée en août ? A quelques heures de ce rendez-vous, François Hollande et son entourage sont en transe. En effet, la publication de septembre est l'avant-dernière avant le mois de décembre, moment choisi par le chef de l'Etat pour dire s'il se porte candidat à l'élection présidentielle de l'an prochain. Or, le président de la République l'a répété à plusieurs reprises : il conditionne sa candidature à l'inversion de la courbe du chômage

L'inversion de la courbe est bien là. L'inversion de la courbe est là depuis la fin de l'année dernière. Avec un taux de chômage qui est passé successivement de 10,2% à 10, puis 9,9, et enfin 9,6 aujourd'hui. Ces chiffres viennent de l'enquête "emploi" de l'Insee, menée tous les trimestres auprès de 110.000 personnes à qui l'on demande si elles ont travaillé ou pas la semaine précédente et si elles sont immédiatement disponibles pour reprendre un emploi. Les chiffres issus de cette enquête sont incontestables. Ce sont eux, d'ailleurs - et eux seuls - qui permettent de faire des comparaisons internationales.

"Les gens ne s'en aperçoivent pas". Problème : si ces ces chiffres sont scientifiquement établis, ils ne suffisent pas. "L'inversion est là quand elle est perçue comme telle et pas quand seulement les chiffres le montrent", explique Bruno Ducoudré, économiste à l'OFCE. "On part d'un niveau tellement haut que les gens ne s'aperçoivent pas". 

Les Français perçoivent d'autant moins cette inversion de la courbe qu'ils ont en tête un autre chiffre : celui des chômeurs inscrits chaque mois à Pôle Emploi. Ici, on n'est plus dans la statistique mais dans un décompte administratif pur et simple. Avec tous les aléas liés au décompte administratif : forte hausse un mois, forte baisse le mois suivant. Au bout du compte les Français ont ainsi le sentiment diffus que le chômage ne recule pas.