Charles Doux, un patron dans le viseur

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Charles Doux, un patron dans le viseur
Un élu EELV breton demande à Charles Doux de payer les éleveurs avec sa fortune personnelle.@ MAXPPP
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Un élu EELV breton demande à Charles Doux de payer les éleveurs avec sa fortune personnelle.

Vivement critiqué par le gouvernement pour son attitude au moment du placement en redressement judiciaire de son entreprise, Charles Doux est également dans le viseur d'un élu breton. René Louail, conseiller régional breton et candidat aux législatives sous la bannière EELV, demande que le patron du groupe volailler Doux rembourse les arriérés dus aux éleveurs en piochant dans sa fortune personnelle.

Attaché à la direction du groupe

Héritier de l'entreprise fondée par son père en 1955, Charles Doux et ses enfants détiennent toujours 80% du capital du groupe. A 73 ans, il est farouchement opposé à l'idée de quitter la direction de son entreprise. Une détermination qui lui a fait refuser la solution négociée avec  son principal créancier - la banque Barclays - qui demandait sa mise à l'écart en échange de l'injection de 35 millions d'euros pour financer la restructuration.

Convaincu de pouvoir sauver l'entreprise familiale, Charles Doux a préféré la solution d'un placement en redressement judiciaire. La décision, prise par le tribunal de commerce de Quimper vendredi dernier a gelé les créances du volailler, alors que les arriérés peuvent se monter jusqu'à 100.000 euros par éleveur. La procédure prévoit néanmoins le paiement comptant des prochaines livraisons de poulets aux quelque 800 aviculteurs qui travaillent avec Doux. "Aujourd'hui, nous estimons qu'il est possible de repartir du bon pied", affirme Charles Doux au journal Ouest-France.

146è fortune française

Mais cette attitude de Charles Doux n'est pas du goût de tout le monde. Un élu écologiste breton veut faire payer directement le patron du groupe volailler. "Doux doit et peut payer intégralement les éleveurs", demande ainsi René Louail, rappelant qu'avec un patrimoine estimé à 300 millions d'euros, la famille Doux est classée 146è fortune de France. "Nous demandons à l'Etat et invitons les éleveurs à saisir le tribunal et demander l'extension du règlement judiciaire de l'entreprise Doux à sa fortune personnelle", écrit le conseiller régional.

René Louail, lui-même agriculteur, dénonce également le comportement de Charles Doux. "En refusant le plan de cession amiable proposé par ses partenaires, avec soutiens financiers à hauteur de 35 millions d'euros proposés par l'Etat, Charles Doux a choisi la manière forte par dépôt de bilan", écrit-il. "Une partie des éleveurs se retrouvent ainsi sur la 'paille'", affirme encore l'élu.

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a également fustigé l'attitude du patron de Doux, l'accusant d'avoir privilégié son intérêt personnel à celui du groupe. "Charles Doux a refusé de faire la moindre concession sur son sort personnel, qu'il a privilégié par rapport au projet de restructuration de Bercy", dénonce Arnaud Montebourg, dans une interview à l'Usine Nouvelle. Pour le ministre, Charles Doux "ne voulait pas que la banque Barclays s'empare de son entreprise. Mais qui a mal géré cette entreprise? Ce n'est pas la banque, c'est bien lui."