Chantiers de Saint-Nazaire : pas de plan social

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Chantiers de Saint-Nazaire : pas de plan social
@ REUTERS
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Sans commande de paquebot depuis 2 ans, la direction a annoncé jeudi une réorganisation interne.

C'était une journée cruciale pour les employés des chantiers navals STX France, ce jeudi à Saint-Nazaire, en Loire Atlantique. L’entreprise, ex-Chantiers de l’Atlantique, organisait un comité d’entreprise dont les conclusions risquent d’être funestes : la direction devait annoncer des mesures de réorganisation interne pour faire face à un carnet de commandes quasiment vide.

Pas de plan social, mais une réorganisation. Au final, la direction se refuse pour l'instant à mettre en place un plan social. En comité d'entreprise, elle a annoncé une réorganisation interne pour le début de l'année 2013. "Jusque-là, l'organisation des chantiers était très orientée vers la production des gros paquebots. Cette évolution de notre organisation vise à s'adapter aux différents nouveaux marchés que nous ciblons désormais", explique-t-on chez STX. Un soulagement pour les salariés, puisque l'entreprise emploie directement 2.100 salariés et fait travailler 4.000 sous-traitants, mais ce plan ne résout pas les problèmes.

Chantier naval STX à Saint-Nazaire

© MAXPPP

La concurrence a du travail, pas STX. Les chantiers, spécialisés dans la fabrication de paquebots, ont été durement touchés par la crise en 2008 : ces navires, très couteux, nécessitent des facilités de financement que les banques n’offrent plus que très rarement. "Tous nos concurrents ont pris des commandes de bateaux ces dernières semaines, sauf nous, ça ne sent pas très bon", a souligné Nathalie Durand, de Force Ouvrière, avant d’ajouter : "le premier trimestre 2013 va être décisif pour nous".

Des employés déjà au chômage technique. A ce jour, STX n’a qu’une commande en cours : deux bâtiments militaires vendus à la Russie. Résultat, faute d’activité, les bureaux d'études et certains secteurs de fabrication sont touchés par du chômage partiel depuis un peu plus de six mois. De plus, la direction a déjà annoncé aux syndicats un doublement du nombre mensuel de jours de "sous-charge" de travail dès le début de 2013.
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Colère à Saint-Nazaire

© MAXPPP

L’énergie verte, une lueur d’espoir ? A défaut de construire des navires, STX tente de se diversifier vers l'éolien marin. L’entreprise s’est déjà alliée avec Areva et a déjà vendu une première sous-station électrique pour un champ d'éoliennes d'Europe du nord. Mais même avec ces nouvelles commandes, le compte n’y est pas : ces turbines ne seraient pas fabriquées avant deux ou trois ans et elles représentent une charge de travail dérisoire à côté d’un paquebot. "Cela ne concernera pas tous les emplois car notre outil de travail est fait pour fabriquer des navires",  a rappelé Joël Cadoret, représentant CGT.

• L’autre piste : une nationalisation. Si la direction propose de tenter une diversification, les syndicats ont, eux, une autre idée en tête : une nationalisation. Cette dernière "nous permettrait d'avoir un actionnaire avec une vraie politique industrielle et qui ait aussi du poids au niveau des banques pour boucler le financement des commandes", a argumenté Nathalie Durand. Et son collègue de la CGT de renchérir : "on est le dernier grand chantier naval de France: est-ce qu'on veut que notre pays, qui a 5.000 km de côte, n'ait plus de chantiers navals ?"
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