Cette fois-ci, les banques sont accusées d’avoir triché sur le marché des métaux précieux

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Cette fois-ci, les banques sont accusées d’avoir triché sur le marché des métaux précieux
@ PAUL J. RICHARDS / AFP
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FINANCE - La Suisse a ouvert une enquête sur la fixation des prix sur le marché des métaux précieux contre UBS, HSBC, Deutsche Bank et quatre autres banques.

Concurrentes sur le papier, les compagnies bancaires n’hésitent pas à jouer collectivement lorsqu’il s’agit de gagner de l’argent. Quitte à tomber dans l’illégalité, comme il le leur est une nouvelle fois reproché : les autorités suisses de la concurrence ont annoncé lundi l'ouverture d'une enquête sur la fixation des prix sur le marché des métaux précieux. Des accusations qui viennent rallonger un peu plus une longue liste, après les scandales du Libor, des produits dérivés ou encore des taux de change.

Quelles sont les banques accusées ? La Commission de la concurrence suisse (Comco) "a ouvert aujourd'hui une enquête contre les deux banques suisses, UBS et Julius Baer, ainsi que contre les instituts financiers Deutsche Bank, HSBC, Barclays, Morgan Stanley et Mitsui". Une liste tout sauf anodine puisqu’y figurent les deux plus grosses banques britanniques, les numéro 1 allemand et suisse ou encore le n°3 japonais.

Que leur est-il reproché ? Les autorités disposent "d'indices selon lesquels ces banques auraient éventuellement conclu des accords illicites à la concurrence dans le cadre du négoce de métaux précieux" tels que l'or, l'argent, le platine et le palladium. La Commission soupçonne "en particulier des accords possibles dans la fixation des prix, notamment en ce qui concerne les +spreads+" (écarts entre le cours demandé et le cours offert), explique-t-elle.

En clair, il est reproché à ces banques de s’être mis d’accord pour truquer les données qu’elles envoient aux régulateurs et qui servent à définir les prix officiels du marché. Une manipulation également utilisé dans le scandale du Libor : les banques mises en cause fournissaient des faux chiffres pour faire évoluer les principaux indicateurs selon leurs intérêts. Sachant comment les prix allaient évoluer, elles pouvaient ensuite lancer des ordres qui leur permettaient de gagner de l’argent à coup sûr.

Une liste de scandale qui ne cesse de se rallonger. Ces nouvelles accusations sont d’autant plus gênantes que le secteur bancaire accumule les affaires depuis l’éclatement de la bulle des subprimes. En ne prenant en compte que les cas d’entente entre banques, les dernières années ont été émaillées par l’affaire des frais de chéquiers en 2010, puis par le scandale du Libor et de l’Euribor en 2012, suivi de l’affaire des produits dérivés en 2013 et du scandale sur le marché des changes en 2015.