Ces grands groupes victimes d'espionnage

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Ces grands groupes victimes d'espionnage
Renault n'est pas la seule entreprise victime d'espionnage ces dernières années, mais beaucoup préfèrent garger le silence.@ MAXPPP
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Les affaires d'espionnage industriel sont nombreuses, mais rarement rendues public.

Trois hauts cadres de Renault, ont été mis à pied lundi 3 janvier, soupçonnés d'avoir transmis à l'extérieur des informations confidentielles sur l'entreprise. Même si cette affaire a depuis pris une toute autre tournure, elle met en lumière une pratique fréquente mais très discrète : l'espionnage industriel

Auteur avec Franck Decloquement d’un Petit traité d’attaques subversives contre les entreprises, Emmanuel Lehmann rappelle que “les tentatives d’espionnage sont très fréquentes, mais difficile à quantifier en raison du silence des entreprise“. "Des gros dossiers (d'espionnage industriel comme actuellement chez Renault), il en existe heureusement très peu, on relève néanmoins plusieurs milliers d’incidents économique par an sur le territoire, mais qui sont d’importance très variée", a déclaré, jeudi 13 janvier sur Europe 1, Olivier Buquen, délégué interministériel à l’intelligence économique.

L’industrie lourde, première concernée

La dernière affaire rendue publique concerne l’équipementier automobile Valeo. Li Li, une étudiante chinoise, y effectue un stage et télécharge un important volume de données confidentielles présentes sur le réseau interne. Valeo porte plainte en avril 2005, il n’a néanmoins jamais été prouvé que Li Li ait transmis ces informations à une autre entreprise. Elle a été condamnée à une peine d'un an de prison, dont deux mois ferme

Michelin a, lui, réussi à déjouer un vaste transfert de technologies. Un ancien cadre du numéro un mondial du pneumatique, approche en juillet 2007 son principal concurrent, le japonais Bridgestone. Mais les informations qu’il propose sont tellement importantes et nombreuses que la firme japonaise alerte Michelin et l’aide à arrêter la taupe.

"Une vingtaine" de secteurs économiques concentrent les principales tentatives d'espionnage industriel, mais "le top 4 sont ceux qui sont à la fois haute-technologie et avec un niveau de concurrence très élevé : l’aéronautique, l’automobile, la métallurgie et le nucléaire", précise Olivier Buquen.

Les entreprises préfèrent garder le silence

Il est pourtant rare que les entreprises communiquent sur de telles affaires, “soit parce qu’elles ne s’en rendent pas compte, soit parce que ce n’est pas bon pour leur image“, explique Emmanuel Lehmann, expert en sécurité et déploiement économique.

Renault n’a rendu cette affaire publique uniquement parce que l’opération d’espionnage est d’une telle ampleur que l’entreprise aurait sinon dû informer son conseil d’administration et donc le communiquer à l’extérieur. Renault devait par ailleurs le faire s’il veut pouvoir se retourner pénalement contre les auteurs de l’espionnage.

Les PME et TPE ne sont pas épargnées

“Beaucoup de PME ne se prémunissent pas car elles pensent ne pas avoir d’informations intéressantes“, détaille Emmanuel Lehmann, avant de raconter les mésaventures d’une entreprise de quatre salariés qui fabrique des souvenirs artisanaux.

“En voyage en Chine, son patron découvre dans une vitrine ses produits, alors qu’il ne produit ni ne vend de produits dans ce pays. Après enquête, on a découvert qu’un salarié avait revendu les moules de fabrication à un concurrent qui sous-traitait en Chine“, raconte-t-il.