Ces dossiers qui feront la rentrée économique et sociale

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Ces dossiers qui feront la rentrée économique et sociale
@ STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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AGENDA - Nouvelle mobilisation des syndicats, loi Sapin 2, impôts, avenir d’EDF, etc. : la rentrée s’annonce chargée.

Le souvenir des vacances d’été est encore frais qu’il faut déjà penser à la rentrée. Mais à quoi doivent s’attendre les Français pour les mois à venir ? Le retour à la réalité s’annonce rapide tant l’agenda est chargé sur le front des questions économiques et sociales. Europe 1 passe en revue les dossiers qui feront l’actualité des prochains mois.

• Mi-septembre : revoilà la loi Travail. Ce n’est pas parce que la loi Travail portée par Myriam El Khomri a été adoptée cet été, au terme d’un double recours au 49-3, que ce dossier est clos. Les sept syndicats qui y sont opposés ont promis de relancer la contestation à la rentrée et se sont déjà donné rendez-vous le 15 septembre pour une nouvelle journée d’action nationale. C’est dans ce contexte tendu que le gouvernement va devoir rédiger et publier des décrets pour que son paquet de réformes entre en application. 

23.06.Bandeau manifestation Loi Travail Le Havre.CHARLY TRIBALLEAU  AFP.1280.300

• Fin septembre : dernier virage pour la loi Sapin 2. Déjà adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale puis par le Sénat au début de l’été, la loi Sapin 2 retourne devant les parlementaires à compter du 26 septembre pour une adoption définitive. A priori, ce n’est pas le dossier qui devrait provoquer le plus de remous. Pour rappel, ce texte fourre-tout doit permettre d’améliorer la lutte contre la corruption dans les entreprises, rendre le lobbying plus transparent, protéger les lanceurs d’alertes ou encore aider Pôle emploi à lutter plus efficacement contre la fraude aux allocations chômage. La loi Sapin 2 doit également réformer le financement des entreprises, augmenter les sanctions pour les retards de paiement entre entreprises et permettre aux auto-entrepreneurs de réaliser un chiffre d’affaires plus important, au risque de fâcher les artisans.

• Fin septembre : EDF fixé sur ses projets britanniques. C’est le projet sur lequel le producteur d’électricité mise le plus : la construction de deux réacteurs nucléaires EPR à Hinckley Point, au Royaume-Uni. La direction d’EDF a validé ce chantier fin juillet et attend désormais le feu vert du gouvernement britannique. La Première ministre britannique semble moins enthousiaste que son prédécesseur et s’est donné jusqu’au début de l’automne pour trancher.

Ce sera donc la fin d’un débat pour le moins houleux car ce projet d’EPR est très contesté, notamment en interne. Les risques sont déjà identifiés : il y a d’abord le coût de ce chantier pharaonique (plus de 20 milliards d’euros), mais aussi la technologie même de l’EPR, puisqu’aucun réacteur de cette nouvelle génération ne fonctionne et que tous les chantiers ont vu leur facture exploser. Pas idéal lorsqu’on sait qu’EDF doit par ailleurs gérer d’autres gros dossiers tels que son désendettement, la réfection des centrales nucléaires et le démantèlement des plus anciennes, sans oublier l’intégration d’Areva. La direction voit au contraire dans le chantier britannique la promesse de revenus pour des années et une vitrine commerciale.

22.04.Bandeau EDF energie elctricite.PHILIPPE HUGUEN AFP.600.160

 Mi-octobre : dernier budget du quinquennat. Le gouvernement doit présenter à partir du 18 octobre son dernier projet de loi de finances (PLF). Ce texte, qui fixe les grandes lignes budgétaires de l’Etat pour 2017, sera scruté avec attention puisqu’il donnera le ton pour les derniers mois du quinquennat : dépenses publiques, déficit public, dette, taux d’imposition, etc.

Les débats risquent avant tout d’être fiscaux. François Hollande pourrait alors avoir assez de visibilité pour confirmer, ou non, sa promesse d’une nouvelle baisse des impôts si la croissance tient bon. Le gouvernement présentera également sa réforme pour instaurer le prélèvement à la source. Les parlementaires se pencheront en outre sur un nouvel impôt en préparation : la Taxe Spéciale d'Equipement Région (TSER). Le gouvernement espère ainsi trouver de nouvelles ressources financières pour les régions mais ces dernières refusent d’en assumer la responsabilité en cette période pré-électorale. 

• Fin octobre : nouvelles turbulences pour Air France ? Après des années de pertes, la compagnie aérienne est en pleine rémission et veut gagner en compétitivité en revoyant les conditions de travail de ses équipes. Mais les négociations avec les représentants des employés durent depuis plus d’un an, sans succès, et les conflits sociaux s’enchaînent. Ils pourraient même atteindre de nouveaux sommets à la fin du mois d’octobre : c’est à cette date qu’expire l’accord d’entreprise, un document qui fixe les règles de travail, de rémunération, d'avancement et que la direction souhaite réformer. Pour éviter un tel scénario, Air France a tenté de renouer le dialogue avec les syndicats dès le mois d’août et a mené des discussions avec les stewards et hôtesses le 24 août.

24.08.Bandeau Air-France-avion-aviation.-STEPHANE-DE-SAKUTINAFP.1280.300

 En fil rouge : courbe du chômage, SNCF et Brexit. C’était déjà le cas et ce le sera encore plus : chaque publication des chiffres du chômage sera scrutée pour déceler l’inversion de la courbe du chômage promise par François Hollande. Pour l’instant, cette fameuse courbe s’est stabilisée mais il est trop tôt pour parler d’inversion, qui nécessite plusieurs mois de baisse consécutifs.

La SNCF sera également à suivre avec attention. L’entreprise ferroviaire continue de se moderniser mais le temps presse : elle a perdu de l’argent lors du premier semestre et sa dette continue de se creuser (plus de 52 milliards d’euros). La direction a bien tenté de gagner en compétitivité en renégociant l’accord d’entreprise, qui organise le temps de travail, le déroulé de carrière, etc., mais a dû renoncer sous la pression du gouvernement, qui voulait éviter que les cheminots ne se joignent à la contestation de la loi Travail. Ce court-circuitage a poussé Guillaume Pepy à menacer de démissionner fin mai, preuve que le dossier SNCF est loin d’être clos.

Enfin, le Brexit sera évidemment l’un des principaux dossiers de cette fin d’année. La Première ministre Theresa May a indiqué qu'elle comptait lancer le processus de séparation d’avec l’Union européenne début 2017. Même si le Royaume-Uni pourrait être tenté de gagner du temps et de repousser l’échéance, le reste de l’UE doit commencer à préparer l’Europe à 27 membres. Ces derniers ont déjà prévu de se retrouver le 16 septembre à Bratislava lors d'un sommet consacré à l'avenir de l'UE.