Carburants : une "fausse baisse" des prix

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Carburants : une "fausse baisse" des prix
"Les professionnels ne jouent pas le jeu", dénonce 40 millions d'automobilistes.@ MAX PPP
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D'après l'association 40 millions d'automobilistes, la baisse serait de 3 centimes. Pas de 6.

La baisse des prix de 6 centimes au maximum par litre de carburant a-t-elle vraiment eu lieu ? Non, affirme l'association 40 millions d'automobilistes qui dénonce vendredi une "fausse baisse du prix des carburants".

S'appuyant sur les chiffres du site Internet spécialisé Carbeo.fr, l'association affirme que "la moyenne générale constatée sur les premiers jours de baisse des prix" est de "3,4 centimes de moyenne sur le SP98, 3,6 centimes sur le gazole et surtout 3,1 centimes sur le SP95 ".

Un goût amer pour les automobilistes

Or, la baisse, dont la charge devait être répartie entre l'Etat et les pétroliers, devait aller jusqu'à 6 centimes par litre. "Les prix baisseront jusqu'à 6 centimes à la pompe, 3 centimes pour les pétroliers et 3 centimes pour l'Etat. C'est un effort substantiel" et "concrètement, c'est un euro et demi de moins" pour un plein de 25 litres, avait annoncé mardi le ministre de l'Economie et des Finances Pierre Moscovici. "Cette décision sera applicable dans les 24 heures et donc les prix à la pompe vont baisser maintenant", avait-il ajouté, précisant que cela représenterait pour l'Etat "un effort qui sera d'environ 300 millions d'euros".

"Si l'on retranche à ces chiffres les 3 centimes consentis par le gouvernement, l'effort des industriels du secteur est largement inférieur à 1 centime, ce qui laisse un goût amer aux automobilistes pour qui une baisse de 6 centimes n'apparaissait déjà que symbolique", dénonce  pourtant le communiqué de l'association 40 millions d'automobilistes.

L'Etat seul dans l'effort ?

"L'effort partagé annoncé ne repose finalement aujourd'hui que sur l'Etat, les professionnels ne jouent donc pas le jeu", ajoute 40 millions d'automobilistes.

Mardi, Total avait annoncé qu'il diminuerait ses tarifs de 5 à 6 centimes de litres dans ses stations-service françaises, dont 2 à 3 centimes à sa charge. "On ne peut pas faire plus parce que nous sommes limités par nos marges, et cette fameuse histoire de vente à perte", avait plaidé le PDG du groupe, Christophe de Margerie. Les magasins Leclerc et Système U s'étaient, eux, engagés dès lundi à vendre le carburant à prix coûtant.