Canicule : plus chère la pinte ?

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Canicule : plus chère la pinte ?
@ REUTERS
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La sécheresse ayant mis à mal les récoltes d’orge, le prix de la bière pourrait augmenter.

Alors que les divers épisodes de chaleur du printemps ont dopé les ventes de bière dans les bars, le prix de la pinte pourrait désormais augmenter. Les températures exceptionnellement élevées ont réduit l'offre d'orge, ce qui pourrait faire grimper les prix à moyen terme.

Les brasseurs paieront plus cher

Ainsi, précise pour Europe1.fr le délégué général de Brasseurs de France, Pascal Chevremont, le coût de revient de l’orge devrait certainement augmenter pour les brasseurs, du fait de la baisse des rendements.

Depuis le début de l’année, le marché de l’orge a évolué en dents de scie. Si au début de l’année 2011, la tonne d’orge de brasserie se vendait 230 euros, elle se chiffrait à 320 euros au début du mois de mai, du fait de l’incertitude liée à la sécheresse et de la baisse de l’offre, inégale selon les régions. Et la semaine dernière, selon les chiffres de Brasseurs de France, la tonne valait en moyenne à 250-260 euros, suite à la mise sur le marché par l’Argentine de plusieurs tonnes d’orge destinées à l’exportation.

La France conserve néanmoins son statut de deuxième exportateur mondial d’orge. Parmi les 3,5 tonnes récoltées l’an dernier, 75% ont été livrées à l’étranger. Et parmi les 25% de matière restantes, transformés en France, 90% ont été exportés.

… les consommateurs peut-être épargnés

Toutefois, nuance Pascal Chevremont, rien n’indique que le consommateur devra débourser plus pour une petite mousse en terrasse.

Pour l’heure en effet, difficile de chiffrer la hausse, car l’orge destiné aux brasseries suit un parcours truffé d’étapes intermédiaires, qui influent sur le prix final de la pinte de bière.

L’orge récolté est d’abord transformé en malt, la matière première qui permet aux brasseurs de produire leur bière. La transformation, le conditionnement et l’acheminement de ce malt font varier le prix. Les cafetiers, restaurateurs et grandes surfaces fixent ensuite le prix de la bière en elle-même.

Mais si la sécheresse de ce printemps venait à épargner le portefeuille des amoureux de la bière, il n’est pas exclu qu’elle leur irrite le palais. Car dans certaines régions, la pluie n’est pas tombée au bon moment, ce qui pourra avoir pour conséquence, selon Brasseurs de France, de réduire le taux de protéines de l’orge ainsi que se qualités gustatives.