Cahuzac inflexible face à Bruxelles

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Cahuzac inflexible face à Bruxelles
"La hausse de la TVA n'interviendra pas avant 2014, afin de maintenir la consommation des ménages", a déclaré Jérôme Cahuzac pour justifier la décision du gouvernement de rehausser cet impôt
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Le ministre demande de "la lucidité" à l'UE, qui a exprimé des doutes sur la politique française.

"On ne réclame pas de l'indulgence mais de la lucidité de la part de Bruxelles." Le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, invité jeudi d'Europe1, a vivement répondu aux critiques de la Commission européenne envers la France, formulées mercredi. "Bruxelles ne tient pas assez compte de ce que l'on a fait. Elle ne tient pas compte de la loi des finances que nous avons adoptée, qui va réduire les déficits, apaiser les marchés et relancer les investissements", a assuré le ministre.

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"La Commission européenne n'avait pas vu venir les crises. Elle ne voit peut-être pas venir la reprise", a-t-il raillé, tout en maintenant que le déficit sera réduit à 3% du PIB en 2013 et que la croissance sera bien de 0,8%, contrairement à ce qu'affirme l'Union européenne qui prédit 0,4%.

Des amendements sur la hausse de TVA?

Pour défendre cette affirmation, le ministre met également en avant les mesures récemment prises pour soutenir la compétitivité, comme le crédit d'impôt aux entreprises de 20 milliards d’euros, compensé notamment par 10 milliards de réduction de dépenses et par une hausse de la TVA. Au sujet de cette dernière, Jérôme Cahuzac rappelle d'ailleurs qu'elle n'interviendra pas avant 2014, précisément pour ne pas affaiblir la croissance.

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"Nous croyons à une croissance de 0,8% en 2013 car nous comptons sur la consommation intérieure. C'est pourquoi, contrairement à la précédente majorité, nous ne taxons pas le pouvoir d'achat. Cela va permettre de maintenir l'activité", a expliqué le ministre, soutenant que les premiers chiffres de la consommation sont "bons". "Par ailleurs, notre TVA est moitié moins haute que celle prévue par la nouvelle majorité", a avancé Jérôme Cahuzac. "Et en 2014, la situation ira mieux", a-t-il ajouté, laissant entendre que les salaires et l'emploi augmenteront.

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Face à la grogne de la restauration et des entreprises de bâtiment, secteur où la TVA passera de 7 à 10%, le ministre a assuré "entendre la grogne" tout en déclarant que "chacun doit faire des efforts". Des aménagements sont-ils possibles ? "Ce sera aux députés de décider. Mais s'ils trouvent un bon moyen de compenser le crédit d'impôt aux entreprises de 20 milliards, je ne vois pas pourquoi le gouvernement s'y opposerait".