Budget européen : Strasbourg met en garde

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Budget européen : Strasbourg met en garde
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Le budget doit désormais être validé par le Parlement européen. Une tâche qui s'annonce difficile.

Le contexte. Le projet de budget pluriannuel pour l'Europe survivra-t-il à l'étape parlementaire ? Vendredi après-midi, après plus de vingt heures de négociations, les 27 chefs d'Etat ont réussi à trouver un compromis sur le budget des sept prochaines années. Pour la première fois, il baisse par rapport à son niveau précédent : l'Union aura à sa disposition 908,4 milliards d'euros pour financer son activité jusqu'en 2020.

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Mais l'accord de Bruxelles, pour entrer en vigueur, devra encore franchir un obstacle de taille : le Parlement européen. Depuis le traité de Lisbonne, en décembre 2007, les députés de Strasbourg doivent en effet se prononcer sur le budget de l'Union. Un rejet de leur part, en juillet prochain, entraînerait l'annulation pure et simple du texte. Et si les chefs d'Etat se félicitent de l'accord obtenu à Bruxelles, les parlementaires sont, eux, beaucoup plus réservés sur le budget d'austérité adopté.

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Les leaders parlementaires sont contre. Les patrons des quatre principales formations politiques européennes, Joseph Daul (PPE, conservateur), Hannes Swoboda (socialistes), Guy Verhofstadt (Libéraux), Rebecca Harms et Daniel Cohn-Bendit (Verts), ont ainsi appelé leurs collègues à rejeter le texte. "Le Parlement européen ne peut accepter en l'état l'accord trouvé aujourd'hui (vendredi) au Conseil européen", ont-ils souligné dans un communiqué commun. Selon eux, les montants alloués par le texte "oublient" la croissance. Ils ne permettront pas en l'état de couvrir le financement des projets, et entraîneront donc des déficits structurels chroniques.

Un son de cloche également partagé par Alain Lamassoure, le président de la commission des budgets du Parlement européen. Selon lui, l'accord prive l'Union "de toute marge de manœuvre budgétaire". Comme nombre de députés, il appelle à voter contre.

• Une révision d'ici deux ans ? Les chefs d'Etat, qui craignent de voir leur projet retoqué, appellent les députés à la mesure. Le président du Conseil européen, Herman van Rompuy, a ainsi souhaité que le Parlement "prenne ses responsabilités". "Le budget européen n'est pas une opération comptable. La vie, la survie de régions, de groupes sociaux entiers en dépendent", a-t-il souligné. Pour calmer les ardeurs, une solution est envisagée : celle d'une révision de ce budget, d'ici deux ou trois ans. Une manière d'apporter "plus de flexibilité", souligne la chancelière allemande Angela Merkel.