Budget européen : des négociations tendues
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L'ESSENTIEL - Les Vingt-Sept discutent d'une enveloppe de 960 milliards d'euros. Et c'est mal parti.

• L'info. Le sommet des dirigeants sur le budget de l'Union européenne s'est ouvert jeudi soir. Les chefs d'Etat ont la lourde tâche de se mettre d'accord sur un plan pluriannuel pour l'UE, qui couvrirait la période 2014 à 2020. Une mission qui promet d'être compliquée, car les avis divergent du tout au tout selon les pays. Comme l'a résumé Angela Merkel, la chancelière allemande, à quelques heures du début des négociations : "Nous ne pouvons dire actuellement s'il y aura un accord. Les positions des uns et des autres sont encore assez éloignées."

François Hollande, Mario Monti er Mariano Rajoy à Bruxelles

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Un sommet qui prend du retard. Initialement prévu pour 15 heures, le début des travaux n'en finit plus d'être retardé. Après un premier report à 17 heures 30, la réunion ne s'est finalement ouverte qu'à 20 heures 30. Un délai qui n'est pas perdu pour tout le monde : pendant ce temps, les réunions bilatérales vont bon train, chacun essayant de rallier à sa cause les autres dirigeants.

"Pas de nouvelles propositions". Pour autant, Herman van Rompuy, le président du Conseil européen, n'a pas réussi à mettre sur pied un texte qui puisse servir de base aux négociations. Les chefs d'Etat devront donc se contenter de travailler à partir du projet présenté en novembre dernier, qui avait été rejeté par tous. "Il n'y a pas eu de réunion des 'sherpas' donc il n'y a pas de nouvelle proposition de Van Rompuy et les dirigeants n'auront pas de nouvelles propositions sur la table au moment de s'y asseoir", a expliqué une source proche du dossier.

Deux tendances opposées. Les espoirs d'une issue rapide semblent définitivement envolés. Entre les Etats, Allemagne et Royaume-Uni en tête, qui demandent plus d'économies dans le budget européen, et ceux, comme l'Italie et la France, qui veulent éviter de trop l'amputer, difficile de trouver un terrain d'entente.

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Tous menacent de rejeter un protocole d'accord qui ne leur conviendrait pas. "En novembre (lors du dernier sommet européen, ndlr), les chiffres présentés étaient vraiment trop élevés. Ils doivent redescendre. Et si ce n'est pas le cas, il n'y aura pas d'accord", a averti David Cameron, le Premier ministre britannique. Tandis que François Hollande, de son côté, expliquait que " Si l'Europe devait, pour chercher un compromis à toute force, abandonner ses politiques communes, oublier l'agriculture et ignorer la croissance, (il) ne serait pas d'accord".

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David Cameron à son arrivée à Bruxelles

150 milliards de coupes. Pour l'heure, ce sont les "rigoristes" qui ont l'avantage. Selon des informations obtenues par l'AFP, Herman van Rompuy, président du Conseil européen, envisagerait en effet de présenter un budget en forte baisse, avec environ 900 milliards de crédits de paiement (le total que l'Union peut dépenser) pour les sept ans, contre 1.047 milliards pour la période 2007-2013. Mais le Parlement européen ne l'entend pas de cette oreille : jeudi, il a lui aussi donné de la voix, et menacé de rejeter un accord qui serait trop réduit. Selon un de ses membres, ce projet serait en l'état "inconcevable".

La question de la PAC. Pour la France, c'est un casus belli. La politique agricole commune, premier budget de l'Union européenne (il en représente 40 %), profite en effet à Paris plus qu'à tout autre. Or c'est ce poste qui est en première ligne dans les coupes envisagées : il pourrait être ramené de 420 à 372 milliards. Inacceptable pour beaucoup d'agriculteurs, qui dépendent des aides européennes pour rester à flots.