Budget, emploi : la stratégie de l'exécutif

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Budget, emploi : la stratégie de l'exécutif
Le gouvernement a présenté mercredi sa stratégie pour ramener le déficit public de la France de 3,7% du PIB cette année à 2,9% en 2014 puis 0,7% en 2017, une ambition revue à la baisse qui va faire gonfler la dette plus que prévu et retarder son reflux.@ REUTERS
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Le gouvernement a dévoilé mercredi son "programme de stabilité" pour rester dans les clous.

L'INFO. Le gouvernement a présenté mercredi sa stratégie pour réduire le déficit public de la France. Le " programme de stabilité", de son petit nom, a pour ambition de porter ce déficit à 3,7% du PIB cette année, 2,9% en 2014 puis 0,7% en 2017. Une ambition revue à la baisse à cause d'une croissance terne, et qui va faire gonfler la dette plus que prévu. Dévoilé lors du Conseil des ministres de mercredi, cette stratégie sera adressée le 30 avril à la Commission européenne.

# LES PRÉVISIONS

Sur la croissance. Le "programme de stabilité", c'est d'abord un certain nombre de prévisions sur lesquelles le gouvernement va s'appuyer pour établir sa politique. L'exécutif a ainsi confirmé ses prévisions de croissance, qu'il juge "réalistes". Elle s'élève 0,1% en 2013 (contre 0,8% encore espéré à l'automne), 1,2% en 2014 (au lieu de 2%) puis 2% par an jusqu'à la fin du quinquennat.
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"Ces prévisions sont identiques à celles de la Commission européenne", insiste le ministère de l'Economie dans son document. Elles sont toutefois bien plus optimistes que celles publiées mardi par le FMI, qui estime que le PIB français devrait se replier cette année de 0,1%, avant d'augmenter de tout juste 0,9% en 2014.
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Sur le chômage. La reprise progressive de la croissance, attendue par le gouvernement pour la seconde moitié de cette année, doit permettre une amélioration des créations d'emploi, estime Bercy. "L'économie française renouerait avec les créations d'emploi au second semestre et le taux de chômage recommencerait à reculer au dernier trimestre", peut on ainsi lire dans le document du "programme de stabilité".
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Sur le déficit. Le gouvernement espère ramener le déficit public de 4,8% du produit intérieur brut (PIB) en 2012 à 3,7% en 2013 puis à 2,9% en 2014. Un objectif qu'il qualifie de "raisonné" pour "ne pas compromettre le redémarrage de l'activité économique par davantage de mesures de rigueur". Il demande donc "à ses partenaires européens de repousser l'objectif de déficit public sous les 3% de 2013 à 2014". Le déficit serait ensuite réduit à 2% en 2015, 1,2% en 2016 et 0,7% en 2017 (contre 0,3% dans ses précédents engagements). Par ailleurs, Bercy met en avant l'effort "structurel" d'assainissement des comptes publics. Le déficit structurel, c'est-à-dire corrigé des effets de la conjoncture, serait ainsi résorbé, passant de 2% du PIB cette année à un excédent de 0,5% en 2017.
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Sur la dette publique. Cette dernière est révisée à la hausse et devrait continuer à aller de record en record jusqu'en 2014, avant de refluer en 2015, avec un an de retard par rapport aux précédentes prévisions. Selon le "programme de stabilité", elle passera de 90,2% du PIB en 2012 à 93,6% en 2013 (au lieu de 91,3% dans les précédentes prévisions), pour atteindre un pic à 94,3% en 2014. Elle reculera ensuite à 92,9% en 2015 et jusqu'à 88,2% en 2017, espère le gouvernement.

# LES MESURES

Sur la fiscalité. Pour tenir ses objectifs, Bercy prévoit une hausse des prélèvements obligatoires cette année qui représenterait 46,3% du PIB contre 44,9% l'an dernier puis 46,5% en 2014 et les deux années suivantes, alors qu'ils devaient initialement être stabilisés l'an prochain. Ces nouvelles hausses, pour l'instant chiffrées à six milliards d'euros, comprendront une "poursuite de la réduction des niches fiscales", une hausse des cotisations ainsi que plusieurs prélèvements sur les grandes entreprises censés compenser ceux qui ont été votés pour 2013 mais dont l'effet va s'épuiser.
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Bercy compte aussi sur "des efforts d'approfondissement de la lutte contre la fraude et l'évasion fiscale" et sur "d'éventuelles mesures contribuant à l'équilibre à moyen terme des régimes de retraite". Autrement dit une possible hausse des cotisations. Les impôts devraient ensuite baisser en toute fin de quinquennat, avec un taux de prélèvements obligatoires ramené au niveau de cette année, soit 46,3%.
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Sur la dépense publique. La dépense publique devrait de son côté atteindre un pic à 56,9% du PIB en 2013 avant d'entamer un reflux l'an prochain à 56,4% pour revenir à 53,9% en 2017. Cela représente une baisse d'environ 60 milliards d'euros sur le quinquennat. Pour 2014, l'effort d'économies sera réalisé par l'Etat (baisse de 1,5 milliard d'euros des dépenses hors charge de la dette et pensions), les collectivités locales dont les dotations étatiques seront réduites de 1,5 milliard, et la Sécurité sociale. Le gouvernement prévoit en effet notamment une économie d'un milliard l'an prochain sur la branche famille, selon le "programme de stabilité".