Budget 2011 : des économies drastiques

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Budget 2011 : des économies drastiques
Le ministre du Budget François Baroin a présenté le projet de loi de finances 2011 en conseil des minsitres.@ MAXPPP
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Le budget 2011, présenté mercredi en conseil des ministres, prévoit des coupes spectaculaires.

Si le mot "rigueur" reste honni par les ténors de la majorité, les faits, eux, sont éloquents. Le projet de loi de finances 2011, présenté par François Baroin mercredi en conseil des ministres, prévoit en effet des coupes sévères dans les dépenses publiques et un coup de rabot spectaculaire sur les niches fiscales.

L’objectif annoncé du gouvernement est de ramener le déficit public à 6% du produit intérieur brut, contre 7,7% en 2010. Soit de 152 à 92 milliards d’euros. Le déficit public doit ensuite passer à 4,6% en 2012 et enfin à 3%, limite autorisée par les traités européens, en 2013, puis à 2%. La dette publique, elle, continuera d’exploser. Après un record à 82,9% du PIB cette année, elle crèvera un nouveau plafond à 86,2% en 2011 et 87,4% en 201. Puis elle refluera enfin, selon les prévisions, à 86,8% en 2013 et 85,3% en 2014. Toujours très loin des 60% autorisés par l’UE.

Gel des dépenses

Pour faire baisser la note, l’Etat compte d’abord sur un gel des dépenses. Pour la première fois, elles resteront donc inchangées en 2011. Ce qui, compte tenu de l’inflation (1,5% en 2010 et 2011, 1,75% entre 2012 et 2014), revient à une baisse en volume.

Concrètement, le gouvernement poursuivra sa politique de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. 31.638 postes seront ainsi supprimés dans la Fonction publique en 2011, contre 33.749 en 2010. Par ailleurs, les dépenses de fonctionnement et d'intervention seront rognées de 5% dès l'an prochain et les collectivités locales subiront pendant trois ans le gel des dotations budgétaires de l'Etat. Enfin, la fin totale du plan de relance entraînera l’économie de 16 milliards d’euros.

Un grand coup de rabot

Le grand coup de rabot sur les niches fiscales permettra lui à l’Etat d’économiser 9,4 milliards d’euros en 2011, puis 11,5 milliards en 2012. L'effort touchera notamment les factures des "box" internet, les complémentaires santé, le cadeau de mariage fiscal pour les couples fraîchement unis ou encore les allègements de charges pour les entreprises. Ces mesures feront grimper le taux de prélèvements obligatoires de 41,9% du produit intérieur brut (PIB) cette année à 42,9% l'an prochain. Ce taux retrouvera en 2012 son niveau de 2007 (43,2%), au début du mandat de Nicolas Sarkozy. Le président de la République avait pourtant promis de le réduire de quatre points au cours de son quinquennat.