Boom des salaires des grands patrons

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Boom des salaires des grands patrons
Jean-Paul Agon arrive en tête du classement des plus gros salaires du CAC 40@ MAXPPP
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La rémunération des dirigeants du CAC 40 a progressé de 34% en 2010. En tête, le PDG de L’Oréal.

Le sujet est particulièrement sensible en période de crise. En 2010, la rémunération des grands patrons français a bondi de 34%, atteignant en moyenne 4,11 millions d’euros par an, après trois années consécutives de baisse, selon une étude du cabinet de conseil Proxinvest. Cette rémunération, qui comprend aussi les actions et les obligations, n’atteint cependant pas le niveau d’avant la crise : les dirigeants du CAC 40 gagnaient ainsi en moyenne 5,7 millions d’euros en 2006.

Le PDG de L'Oréal à l'honneur

Sur la première marche du podium, Jean-Paul Agon, PDG de L’Oréal. Avec près de 11 millions d’euros par an, il fait partie des onze dirigeants français dont le salaire dépasse, pour 2010, le plafond de 240 Smics annuels, soit 4,6 millions d’euros. "Dans ce chiffre de 11 millions, une grande partie, c’est-à-dire les deux-tiers, est un chiffre virtuel", correspondant aux stock-options, s’est expliqué le PDG sur Europe 1. "A titre indicatif, au cours de ce matin, ces 7 millions d’euros représentaient en fait zéro", ajoute-t-il.

Jean-Paul Agon parle de son salaire :

"C’est un très gros salaire"

Jean-Paul Agon reconnaît cependant avoir un "excellent salaire, de 3,7 millions d’euros". "C’est un très gros salaire, j’en suis très conscient. C’est peut-être aussi le fruit des 33 ans passés chez L’Oréal, et de ma contribution à faire la réussite de l’entreprise dans le monde entier", estime-t-il.

Dans le trio de tête, on retrouve également Bernard Arnault, PDG de LVMH, avec 9,7 millions d’euros, ex-æquo avec Carlos Ghosn, le patron de Renault. Suivent ensuite Bernard Charlès (Dassault Systèmes, avec 9,5 millions d’euros), Franck Riboud (Danone, 7,7 millions), Maurice Levy (Publicis, 6,2 millions), Christopher Viehbacher (Sanofi-Aventis, 6,1 millions), Arnaud Lagardère (Lagardère SCA, 4,9 millions) et Henri de Castries (Axa, également 4,9 millions).

Manque de "transparence"

Le cabinet Proxinvest se montre par ailleurs critique envers ces rémunérations et pointe un manque de "transparence" en France, par rapport à d’autres pays "où les dirigeants sont responsables de leur politique de rémunération devant l’assemblée générale des actionnaires". Cette mesure, réclamée par le cabinet de conseil, est encore loin d’être à l’ordre du jour.