Bientôt un seul pilote dans l'avion ?

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Bientôt un seul pilote dans l'avion ?
"Je ne doute pas que nous passerons un jour au pilotage unique", estime Clayton Jones, PDG de Rockwell Collins.@ Reuters Molly Riley
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Un spécialiste de l'aéronautique prédit la fin du pilotage à deux sur les avions de ligne.

"Je ne doute pas que nous passerons un jour au pilotage unique". La déclaration est signée Clayton Jones, PDG de l'équipementier Rockwell Collins. Pour ce spécialiste de l'avionique et des systèmes de communication militaires et aéronautiques, cité par Les Echos mercredi, "les technologies seront certainement prêtes bien avant les mentalités".

Un avion peut atterrir tout seul...

Pour Clayton Jones, les technologies de communication et de guidage par satellite pourraient rendre à l’avenir inutile la présence d’un copilote. "On sait déjà faire atterrir un avion automatiquement", explique-t-il au quotidien économique. "On pourrait même bientôt prendre le contrôle d’un avion depuis le sol. Il faut seulement s’assurer que ces systèmes sont suffisamment sûrs pour pouvoir remplacer un copilote".

"Les avions de ligne actuels sont capables de se poser sans aucune intervention humaine", reconnaît Bernard Chabbert, le spécialiste aéronautique d'Europe 1. "Sauf qu’après, on entre dans le domaine du bon sens", met-il en garde, rappelant par exemple qu'un pilote peut être victime d'un malaise alors qu'il est dans le cockpit.

"L’humain est irremplaçable"

"Il est bien évident que l’humain est irremplaçable. En tout cas, je connais des tas de gens qui refuseront de monter dans un avion de ligne s’il n’y a pas au moins deux pilotes dans le cockpit. Moi le premier. Ce jour-là, je ne prends plus que le vélo", prévient avec un sourire Bernard Chabbert.

Les propos de Clayton Jones devraient en revanche plaire à Michael O’Leary, le PDG de Ryanair qui a émis en septembre dernier l’idée de former ses hôtesses de l’air au pilotage pour supprimer le poste de copilote. Ils risquent en revanche d’inquiéter les passagers. Et c’est vraisemblablement l’importance de ce facteur "peur" qui pourrait freiner l’avènement du pilotage unique. Ce que Clayton Jones résume d’une phrase : "C’est techniquement possible mais difficile à faire accepter".