Baisse du chômage : les PME saluent "un signe que l'économie repart"

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Pour François Asselin, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises, la baisse spectaculaire du chômage fin 2017 est un bon signal, qui ne doit pas faire oublier les difficultés de recrutement des sociétés.

INTERVIEW

Il n'y a pas de raison de bouder son plaisir. François Asselin, président de la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises), a salué jeudi la baisse du taux de chômage en France, repassé sous le seuil des 9% au quatrième trimestre 2017. "Globalement, oui" il y a "du vent dans les voiles", a déclaré sur Europe 1 celui qui est aussi chef de l’entreprise familiale Asselin, spécialisée dans la restauration de monuments historiques. "Les entrepreneurs recrutent, c'est signe que l'économie repart."

"Le nombre de salariés dans notre pays augmente". Le leader de l'organisation patronale s'est réjoui des dernières réformes gouvernementales. "Est-ce que tout cela sera durable ? Je ne sais pas. Mais en tout cas, contrairement à ce qu'auraient pu annoncer certains Cassandre sur les ordonnances qui allaient mettre des cohortes de salariés hors des entreprises, et bien [ce n'est pas le cas]", a-t-il lancé. "Globalement, le solde est positif. Le nombre de salariés dans notre pays augmente, pas seulement en pourcentage mais en nombre. C'est une bonne nouvelle."

"Inadéquation entre l'offre et la demande". Cependant, François Asselin pointe un problème récurrent sur le marché du travail : "Il y a un vrai souci dans notre pays, à savoir une inadéquation entre l'offre et la demande. Les entrepreneurs cherchent des compétences et ne les trouvent pas." Et l'entrepreneur de prendre l'exemple de sa propre société. "On voudrait recruter durablement mais je ne trouve pas. Sur mes métiers qualifiés [notamment la menuiserie, NDLR], je dois recevoir un CV une fois tous les deux ans. Autant dire que si je n'avais pas fait de l'apprentissage le modèle de fonctionnement de mon entreprise..."

Des réformes attendues. Selon François Asselin, l'augmentation du nombre de salariés détachés, qui a dépassé la barre des 700.000, montre "que les compétences que nous ne trouvons pas dans notre pays, on va peut-être les chercher ailleurs". De là découle une véritable attente des entrepreneurs sur les prochaines réformes d'Emmanuel Macron, notamment celles de l'apprentissage et de la formation professionnelle, des "sujets majeurs". "On pourrait faire beaucoup mieux à condition que l'orientation initiale aille vers des filières qui embauchent et que la formation de ceux qui cherchent du travail corresponde aux compétences attendues dans les entreprises", a conclu le président de la CPME.